Braun-Pivet veut taxer « les grandes fortunes » dans le prochain budget
POLITIQUE – En macronie, le tabou de l’impôt a sauté. Jusque-là opposées à toute hausse des prélèvements, les troupes d’Emmanuel Macron ont peu à peu compris qu’il s’agissait d’un passage obligé pour toper avec les socialistes, autant qu’une nécessité économique au regard de l’ampleur du déficit.
Dernier exemple en date : Yaël Braun-Pivet. Dans une interview au Parisien, la présidente de l’Assemblée nationale appelle à mettre à contribution « les grandes fortunes » pour que la France se dote d’un budget pour 2026, mais se dit toujours opposée « à la taxe Zucman telle qu’elle est présentée aujourd’hui ». « Ce budget doit être un budget de l’effort de tous », estime-t-elle.
La députée des Yvelines, dont le nom avait circulé pour remplacer François Bayrou à Matignon, considère « qu’il faut regarder quelle taxation donnerait un rendement intéressant et permettrait à chacun dans notre pays de se dire que l’effort est partagé ». Elle croit tout à fait possible d’aboutir à un budget de compromis, notamment avec les socialistes, en y injectant des mesures de justice sociale et fiscale.
Elle souhaitait le poste de Premier ministre
Les premiers pas de Sébastien Lecornu à Matignon sont concluants, selon Yaël Braun-Pivet. « J’observe qu’il est d’abord entré dans une phase de consultation politique avant de proposer son gouvernement. Il faut partir du fond, pas des postures politiques. C’est la clé », juge-t-elle, pas rancunière de ne pas avoir obtenu le poste, alors qu’elle révèle avoir fait part à Emmanuel Macron de son souhait de devenir Première ministre. Si le chef de l’État avait estimé qu’elle « pouvait être la bonne personne pour aller chercher du consensus et travailler avec l’ensemble de la classe politique », Yaël Braun-Pivet aurait accepté.
La taxation des plus riches s’est installée dans le débat public, depuis que François Bayrou a tiré la sonnette d’alarme sur le déficit abyssal et le niveau de dette qui, selon lui, menace le pays. La taxe Zucman est alors revenue au cœur de la discussion. Sous l’impulsion de l’économiste Gabriel Zucman, elle repose sur une taxation à 2 % par an des patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros. Si elle était mise en place, elle concernerait 1 800 foyers fiscaux, parmi les plus riches. Très critiquée à droite, au sein du « bloc central » et dans le milieu patronal, la taxe Zucman est défendue mordicus par la gauche, qui y voit un instrument de justice fiscale.


