Sébastien Lecornu fixe une échéance pour la nomination de son gouvernement
POLITIQUE – C’est pour bientôt. Après avoir battu ce vendredi 26 septembre le record d’un Premier ministre sans gouvernement, Sébastien Lecornu a annoncé qu’il nommera le sien « avant le début des travaux parlementaires », prévus le mercredi 1er octobre, dans un entretien au quotidien Le Parisien.
Le locataire de Matignon a sèchement balayé les interrogations sur la lenteur des nominations. « Le record c’est trois Premiers ministres en un an : et il faudrait continuer à faire comme le voudrait le microcosme ? Il faut faire les choses avec méthode et sérieux : c’est ce à quoi je m’emploie », a-t-il affirmé.
Se disant au travail avec le président de la République pour constituer son équipe, il a assuré que « le gouvernement sera nommé avant le début des travaux parlementaires. » Interrogé par l’AFP, Matignon n’a toutefois pas souhaité confirmer de date précise pour la nomination du gouvernement, ni si celle-ci surviendrait avant mercredi.
Le PS exclu d’office ?
« Je souhaite continuer à travailler le projet de budget. Les ministres qui veulent rentrer au gouvernement vont devoir l’endosser », a-t-il expliqué. Une formule qui semble exclure toute volonté de « débauchage » de personnalités issues du Parti socialiste car les futurs ministres devront « partager les grandes orientations du socle commun ».
Quid des Républicains ? Leur président et ministre démissionnaire Bruno Retailleau a martelé que la participation de son camp ne sera pas « automatique ». « À quoi ça ressemblerait d’entrer dans un gouvernement si c’est pour appliquer des recettes qui vont nuire à la France ? », avait-il expliqué le 22 septembre sur LCI, rappelant son opposition à des mesures exigées par le PS comme mise en place de la taxe Zucman.
Dans son interview au Parisien, Sébastien Lecornu a esquissé, de manière encore très floue, de premières pistes. Ou plutôt, en a écarté certaines, dont la taxe Zucman. « Est-ce que la taxe Zucman est la bonne réponse ? La seule réponse ? Personnellement, je ne le crois pas », a-t-il contré, évoquant son opposition à « taxer le patrimoine professionnel » au nom de l’« investissement » et de la « compétitivité », le « besoin de capitaux français pour défendre notre souveraineté économique vis-à-vis de certaines prédations étrangères », mais aussi le rendement réel de la taxe. Estimé à 20 milliards d’euros par Gabriel Zucman, ce chiffre est contredit entre autres par le Président du conseil d’analyse économique, cité par Sébastien Lecornu, qui « établit le rendement à moins de cinq milliards. »
Le Premier ministre a malgré tout promis un budget de « compromis » qu’il faudra trouver « dans l’hémicycle. » Et de passer sa première consigne aux aspirants ministres : « Ils devront savoir négocier et revenir au travail parlementaire d’autrefois, c’est-à-dire le dialogue et aller chercher des compromis en séance jusque tard dans la nuit. » Les voilà prévenus.


