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Contre l’OM, le jour de grève est arrivé pour les supporters de Strasbourg

LIGUE 1 – Il paraît qu’une image vaut mille mots, même si parfois, elle en suscite bien plus. Au Racing Club de Strasbourg (qui reçoit l’OM ce vendredi 26 septembre), difficile de mieux illustrer la perte de souveraineté du club face à son grand frère résidant à Chelsea qu’en montrant son capitaine tout sourire portant la liquette de son futur employeur trois matchs après la reprise du turbin.

Réaction en chaîne oblige, l’annonce précoce du transfert, pourtant attendu, d’Emmanuel Emegha a donc mis le feu aux poudres, entraînant une passe d’armes entre plusieurs groupes de supporters et le coach adoubé par Blueco, Liam Rosenior, suivi de l’annonce d’une série de mesures de rétorsion à l’encontre de ces quatre mêmes associations de supporters (les Ultra Boys 90, le Kop Ciel & Blanc, Pariser Section et la Fédération des supporters du Racing).

Quatre jours après un communiqué cosigné par leurs soins appelant à reprendre le dialogue avec la direction, laissé lettre morte, elles ont annoncé une grève des encouragements « jusqu’à nouvel ordre ». Après le raffut, les conférences de presse, les banderoles, les communiqués et des panières entières de linge sale balancées à la gueule de part et d’autre, l’ignorance reste donc le meilleur des mépris.

Minorité turbulente, Retailleau et porte-monnaie

Le tacle appuyé envers son attaquant vedette et Marc Keller, l’ancien milieu de terrain devenu président et idole populaire, a suscité l’ire de ce dernier. Ces banderoles sorties sous les huées de la Meinau et l’incitant personnellement à « s’en aller » en le remerciant pour cette « décennie dorée », après avoir appelé Emegha à « rendre [son] brassard », sont à ses yeux « inacceptables » et « ne respectent plus les règles ». Plus d’un an après le début du quart d’heure de silence décrété par les ultras strasbourgeois en signe de protestation contre le propriétaire BlueCo, ces quelques mots ont joué le rôle de la goutte d’eau faisant déborder le vase présidentiel.

Keller a donc convoqué une conférence de presse pour défendre le projet du fonds d’investissement américain, appeler à l’ostracisme des supporters qui osent le critiquer et teaser des sanctions à leur encontre.

« C’est la preuve qu’on a touché un point sensible », analyse Alexandre, représentant des quatre associations ciblées par la direction strasbourgeoise. « Marc Keller, ce n’est pas quelqu’un qui aime faire de la communication de crise, il a au contraire une com’ très normée, très posée, et là, il convoque une conférence de presse entouré de tous ses cadres dirigeants… C’était une première anicroche sur son image très lisse, à laquelle il est fermement attaché : celle du gars qui fait l’unanimité dans le football français, de l’ancien international qui a relevé Strasbourg. Et ça, on dirait que ça lui a fait mal. »