Economia

La gauche et les syndicats balaient les « mesurettes » de Lecornu

POLITIQUE – Ils ne font pas l’aumône. En résumé. La gauche et les syndicats ont balayé d’un revers de main et sans ciller les « mesurettes » en faveur des travailleurs, évoquées par l’entourage de Sébastien Lecornu en fin de matinée ce jeudi 2 octobre.

En pleine journée de mobilisations, des proches du Premier ministre ont fait savoir qu’il étudiait plusieurs pistes, sans que « rien » ne soit « encore arbitré », notamment : une réduction de l’impôt sur le revenu pour les couples payés chacun « légèrement » au-dessus du Smic, le rétablissement de la prime Macron, ou encore « une défiscalisation et un allègement des charges sociales » sur les heures supplémentaires.

Merci mais non merci ont répondu en substance Marylise Léon et Sophie Binet, respectivement à la tête de la CFDT et de la CGT, alors qu’elles s’apprêtaient à défiler dans le cortège de la manifestation parisienne. « Ce ne sont pas des discours de langue de bois ou des mesurettes qui permettront [de] répondre [à la colère sociale, ndlr]. Il faut répondre aux exigences sociales », a cinglé Sophie Binet, estimant que Sébastien Lecornu faisait du « copier-coller » en reprenant des mesures « qui existent déjà ou qui ont déjà existé ».

CGT, CFDT, PS et LFI réclament une « vraie rupture »

Son homologue a, elle, taclé la méthode et l’absence surtout d’un sujet qui fait aussi descendre les syndicats dans la rue ce jeudi : la réforme des retraites. « Ce n’est pas en saupoudrant un certain nombre de mesures qu’il va apporter la preuve qu’il est convaincu qu’il y a besoin d’une vraie rupture. La vraie rupture c’est accepter qu’à un moment, les gouvernements précédents se sont trompés », a soulevé Marylise Léon qui attend toujours « la photo globale » du budget 2026.

Même son de cloche dans les rangs socialistes et insoumis. Interrogé lui aussi en marge du cortège parisien par BFMTV, Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, ne voit dans les « pistes » que « la continuité de la politique d’Emmanuel Macron ». Quant aux roses qui doivent être reçus vendredi à Matignon, le compte n’y est pas. « C’est sûr qu’il vaut mieux faire quelque chose en direction des salariés plutôt que rien, mais la réalité, c’est que c’est très en deçà de ce que nous attendons », a déclaré le premier secrétaire du PS Olivier Faure, tout en assurant vouloir « donner sa chance » au Premier ministre avant sa rencontre avec lui. Quant à la secrétaire nationale des écologistes, Marine Tondelier, elle a vu dans ces pistes une « bonne nouvelle pour Sarkozy », puisque « ses mesures mortifères sont recyclées par Sébastien Lecornu ». « C’est la décision la plus écologique de ce Premier ministre depuis sa nomination », a-t-elle faussement félicité.