Economia

« Il a fait ce qu’il fallait » : le prix Nobel d’économie salue Lecornu

POLITIQUE – Pas touche à Sébastien ! Le nouveau prix Nobel d’économie, Philippe Aghion, a défendu la décision du Premier ministre de suspendre la réforme des retraites jusqu’en janvier 2028 pour éviter la censure de son gouvernement. Invité sur le plateau de LCI ce mardi 14 octobre, l’économiste qui a participé à la conception du programme macroniste en 2017 a estimé que Sébastien Lecornu « a fait ce qu’il fallait faire ».

« Nous étions dans une situation très délicate », a souligné Philippe Aghion, comme vous pouvez le voir dans vidéo ci-dessous. L’économiste a salué le fait que la suspension de la réforme des retraites permet d’éloigner un peu le spectre d’une nouvelle censure, qui aurait eu un coût « financier énorme ». Selon lui, elle aurait provoqué une nouvelle « augmentation des spreads » – l’écart entre les taux d’intérêt français et allemand pour les coûts d’emprunt – et causé un ralentissement de l’économie.

« Une nouvelle censure, […] ce sont les entreprises qui attendent pour investir, les consommateurs qui attendent pour consommer », a insisté Philippe Aghion, selon qui le coût d’une censure « était supérieur au coût de retarder » la mise en œuvre de la réforme des retraites. « Il fallait faire baisser la cocotte-minute, on était au bord de l’explosion », a-t-il poursuivi, « Sébastien Lecornu a pris une décision très responsable de faire ce pas-là pour apaiser ».

« On va devoir travailler plus en France »

Mais le prix Nobel d’économie ne considère pas qu’il faille renoncer définitivement à réformer les retraites. « On va devoir travailler plus en France » puisqu’« on vit plus longtemps », a résumé Philippe Aghion, appelant à « trouver un moyen d’augmenter le taux d’emploi des jeunes » et des « seniors ». Mais pour y parvenir, l’économiste ne privilégie pas forcément une réforme comme celle adoptée sous le gouvernement Borne.

Au micro de LCI, il a évoqué la possibilité de « remettre sur la table la retraite à points », arguant qu’une « réforme beaucoup plus structurelle » du système de retraites serait nécessaire. La question pourra être « rediscutée » au moment des élections présidentielles, a estimé Philippe Aghion, appelant à « stabiliser l’économie » et la situation politique d’ici là.

Reste déjà à voir si le gouvernement Lecornu échappera bel et bien à la censure. Si la suspension de la réforme des retraites a convaincu les socialistes Boris Vallaud et Olivier Faure de donner sa chance au locataire de Matignon, certains députés PS pourraient être tentés de voter malgré tout la censure, et certains ont déjà indiqué qu’ils le feraient.