Après Shein, des poupées à caractère pédopornographique trouvées sur AliExpress
COMMERCE – Entre son installation difficile au BHV mercredi et une polémique grandissante autour de la vente sur sa plateforme de poupées sexuelles à caractère pédopornographique, le géant chinois de l’e-commerce Shein est dans la tourmente. Et désormais, son homologue chinois AliExpress peut en dire autant.
Car si Shein a été épinglé le 1er novembre par la répression des fraudes (DGCCRF) et signalé auprès de la justice française, franceinfo et RMC indiquent que des poupées sexuelles avec les mêmes caractéristiques pédopornographiques étaient également mises en vente sur la plateforme chinoise AliExpress. Avant d’être retirées ces dernières heures, en toute discrétion, comme l’ont constaté les deux médias ce lundi 3 novembre.
Un retrait dont le timing interroge forcément, tant il est proche des révélations de la DGCCRF auprès de l’un de ses principaux concurrents dans le monde de l’e-commerce. Comme l’indique franceinfo, il s’agissait − avant leur retrait du site − de « véritable poupée en silicone » qualifiée de « vraie poupée, adulte mâle ».
RMC évoque de son côté des « descriptions plus sobres que sur Shein, mais tout aussi glaçantes » avec des titres tels que « poupée mignonne modèle jouet pour homme ». Autre similarité inquiétante, les photos des produits vendus sur AliExpress étaient étrangement proches de celles des poupées vendues sur Shein.
Franceinfo indique qu’à ce stade, on ignore si la DGCCRF a également été saisie concernant le cas d’AliExpress. En revanche, au micro de la chaîne, la haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry indique ce lundi avoir été alertée « sur d’autres cas » que Shein. Entrainant, à sa demande, des « contrôles plus larges » et « des procédures sur les autres plateformes » d’e-commerce. Refusant de citer toutes les plateformes, au micro de RMC, Sarah El Haïry s’est insurgée contre l’existence de ces poupées « ressemblantes à des enfants, voire à des bébés et où il est bien écrit que la bouche peut être ouverte ».
Vers une interdiction de l’accès au marché français ?
Depuis samedi et les premières révélations concernant Shein, l’affaire a pris une tournure politique en France. Sur BFMTV ce lundi matin, le ministre de l’Économie Roland Lescure a effectivement menacé directement Shein. Même si le géant asiatique de l’e-commerce a assuré avoir retiré les poupées de sa plateforme de vente.
« Si ces comportements sont répétés, nous serons en droit, et je le demanderai, qu’on interdise l’accès de la plateforme Shein au marché français », a déclaré Roland Lescure. « Pour des actes terroristes, pour le trafic de stupéfiant et pour des objets pédopornographiques, le gouvernement est en droit de demander l’interdiction de l’accès au marché français », « si on a des comportements répétés ou si les objets en question ne sont pas retirés dans les 24 heures », a-t-il précisé, tout en pointant une première limite à cette mesure. Il a en effet reconnu que la loi française peut être contournée avec un simple VPN. « La France n’a pas les moyens de lutter contre ça à ce stade », a-t-il concédé.
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Mais dans tous les cas, « ces objets horribles, ils sont illégaux » et « il y aura une enquête judiciaire », a-t-il finalement promis. « Le gouvernement doit demander des comptes aux plateformes. La justice doit chercher et trouver les acheteurs », a également réagi sur X la cheffe du Rassemblement nationale à l’Assemblée nationale Marine Le Pen. Réclamant même des « condamnations très sévères » pour « ces comportements immondes ».


