Avec des promesses d’investissement colossales, Duralex doit plafonner les montants
ÉCONOMIE – Très, très populaire. La campagne de financement participatif officiellement lancée lundi par la célèbre verrerie Duralex, reprise par ses salariés en juillet 2024 mais pas encore tirée d’affaire, a récolté 20 millions d’euros de promesses d’investissement en deux jours, rapportent notamment ce jeudi 11 novembre la radio Ici et le journal Les Échos.
Sur la plateforme Lita, le montant excède quatre fois celui qui était espéré par la verrerie française. Face à cet afflux de générosité, l’entreprise a dû prendre une mesure drastique : plafonner les montants des investissements.
« Nous avons choisi de limiter à 1 000 euros (par personne NDLR), chaque souscription qui est faite. Ce qui permet d’ouvrir évidemment à un plus grand nombre de participants. Nous nous adaptons forcément, mais l’essentiel c’est de rester dans cette levée de fonds sur quelque chose de très collectif (…) », a détaillé Vincent Vallin, le directeur stratégie développement de Duralex, au micro de nos confrères d’Ici, ex-France Bleu. L’accès à la pré-collecte a par ailleurs été suspendue ce jeudi et mi-novembre les investisseurs pourront confirmer leur engagement.
Un succès dès l’ouverture
Lundi, quelques heures après l’ouverture de la compagne, l’entreprise avait déjà reçu cinq millions d’euros de promesses d’investissements. « Les Français ont répondu présent, nous sommes très heureux de la vitesse à laquelle nous sommes parvenus à récolter cet argent. C’est bien la preuve de leur attachement à Duralex », s’était réjoui auprès de l’AFP le directeur général de la verrerie François Marciano.
La marque, connue pour sa vaisselle réputée incassable avait failli disparaître en avril 2024, avant d’être reprise en coopérative par ses salariés quelques semaines plus tard. « L’entreprise n’est pas encore sauvée, il nous faut cet argent notamment pour qu’on puisse continuer de développer de nouveaux modèles et acheter de nouvelles machines », expliquait François Marciano.
Duralex, dont le chiffre d’affaires devrait s’élever à 33 millions d’euros cette année, doit atteindre la barre des 35 millions d’euros pour retrouver l’équilibre financier, avant d’espérer viser 39 millions d’euros en 2030. Et si la trajectoire est pour l’heure « conforme » à celle du plan de sauvegarde validé par le tribunal de commerce, « beaucoup reste à faire », selon la verrerie.
Des promesses d’investissements non engageantes
Ces titres financiers, ouverts lundi sur réservation via une plateforme en ligne, sont un outil financier hybride entre action et obligation, souvent utilisé par les coopératives. Ils promettent, à partir de 100 euros, un rendement attrayant : 8 % d’intérêts par an, pendant sept ans, et en partie défiscalisés.
Mais il ne s’agit pas d’un placement garanti pour autant et comporte des risques significatifs. Et il ne s’agit pour l’heure que de promesses d’investissements non engageantes.
La marque, qui fête ses 80 ans cette année, veut aussi développer de nouvelles collaborations, portée par sa dernière opération avec La Poste et l’animateur Stéphane Bern.


