On sait enfin qui est l’inconnu au chapeau du Louvre, et il n’est pas du tout détective
INSOLITE – Il était presque aussi recherché que les cambrioleurs. La photo d’un jeune homme vêtu d’un costume trois pièces et d’un Fedora devant une voiture de police peu après le braquage du Louvre avait suscité les plus folles théories. Une agence de presse américaine l’a retrouvé après deux semaines de « traque ».
Il s’appelle Pedro Elias Garzon Delvaux et n’est pas, mais alors pas du tout enquêteur, policier, ou détective privé. En effet, comme l’ont révélé nos confrères d’AP News ce dimanche 9 novembre, « l’homme au Fedora » est en réalité un adolescent. Il n’est âgé que de 15 ans et habite avec ses parents et son grand-père à Rambouillet, dans la banlieue ouest de Paris.
Il a expliqué lors d’une interview avoir été surpris « J’étais stupéfait qu’une simple photo puisse devenir virale en quelques jours » mais avoir voulu laisser l’enquête se faire et ne pas révéler son identité malgré la viralité de la photo. « Je ne voulais pas dire tout de suite que c’était moi (…) Cette photo entretient le mystère, il faut donc faire durer le suspense », relate l’ado.
Et le mystère était en effet entier. Sur le cliché, pris devant le Louvre le dimanche 19 octobre au matin, trois policiers sont adossés à leur voiture rue de Rivoli, et sur la droite on voit un jeune homme vêtu d’un costume trois pièces beige et bleu marine, d’une cravate bleu ciel avec une pince, d’un pardessus bleu marine et d’un Fedora marron, appuyé sur son parapluie à carreaux. La photo est rapidement devenue virale.
Faux détective et pas d’IA
Les internautes la repartageant en masse ont alors immédiatement imaginé qu’il s’agissait d’un enquêteur missionné pour retrouver les voleurs des bijoux du musée parisien. « Dites-moi qu’il s’appelle Poirot », « Il paraît qu’un faucon maltais a aussi été volé », « Il cherche une panthère rose », « Il ne lui manque que la pipe » pouvait-on lire sur X. L’un de ces posts a même totalisé plus de 5 millions de partages.
Beaucoup ont également affirmé que l’image avait été réalisée avec de l’intelligence artificielle. En cause : le décalage apparent entre le look des policiers et celui de l’inconnu, mais aussi les nombreux détournements dont l’image a fait l’objet. Mais comme le New York Times s’en est assuré auprès d’un spécialiste de l’analyse des images et de l’IA, la photo n’a pas été retouchée.
Le photographe qui a réalisé le cliché, Thibault Camus, a d’ailleurs expliqué au quotidien américain que la photo était bien réelle et qu’il s’agissait d’un passant anonyme. « Un homme vêtu à l’ancienne, sortant d’un bâtiment historique. J’ignore s’il est français, si c’est un touriste. Peut-être un Anglais ? », se demandait le photographe.
Pourquoi l’ado s’habille comme ça
Comme il l’a expliqué à AP, Pedro Elias Garzon Delvaux était venu à Paris voir le Louvre en famille lorsqu’ils ont trouvé le musée fermé peu après le braquage. Il était justement allé interroger les policiers sur les raisons de la fermeture lorsqu’il a été immortalisé par Thibault Camus. Avant de faire, sans le vouloir, le tour du monde.
L’adolescent a également raconté que ce style vestimentaire était quotidien et que depuis environ un an, il aimait s’habiller à la manière des détectives des films noirs comme Hercule Poirot dont il connaît toutes les enquêtes, et des hommes politiques du début du XXe siècle. « C’est mon style et je m’habille comme ça tout le temps », y compris au lycée « et ça a commencé à prendre, un de mes amis a commencé à venir avec une cravate » s’amuse-t-il.
Le jeune homme passionné par l’histoire a cependant confirmé réserver son Fedora, hommage à Jean Moulin, aux week-ends et aux sorties au musée. Un choix judicieux qui l’aura placé sous le feu des projecteurs, ce qui n’est pas pour lui déplaire. « Élémentaire mon cher Watson. »



