Politique

Le gouvernement donne un ultime gage à la gauche sur les retraites (mais ça n’est pas sans coût)

POLITIQUE – La gauche le réclamait et le gouvernement avait promis d’y répondre. Dans un amendement déposé ce mercredi 12 novembre, et consulté par l’AFP, l’exécutif propose d’élargir la suspension de la réforme des retraites aux carrières longues. Une demande portée en particulier par les écologistes et les communistes, dans le cadre de l’examen du projet de budget de la sécurité sociale.

Cet élargissement coûtera 200 millions en 2026 et 500 millions en 2027, et sera financé par la hausse de la CSG sur les revenus du capital, votée la semaine passée dans le volet recettes du PLFSS, a précisé le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, invité sur France 2 ce mercredi.

« Il y a 1,4 point de CSG supplémentaire qui sera de nature à être utilisé », a-t-il déclaré. « On a intégré les carrières longues (…) on a aussi intégré ce qu’on appelle les catégories actives et super actives de la famille fonction publique », a expliqué le ministre.

« Un acte de stabilité politique »

« Ce sont des métiers difficiles : on pense aux policiers, aux pompiers, on pense aux égoutiers, on pense aux pompiers professionnels, on pense aux contrôleurs aériens. Ce sont des gens qui pourront partir plus tôt (…) Ils gagneront un trimestre, c’est important. C’est à peu près 20 % de personnes supplémentaires », a estimé Jean-Pierre Farandou.

Le ministère du Travail avait précisé mardi que « les carrières longues, certaines catégories de la fonction publique, ou encore les personnes nées au cours du premier trimestre 1965 » pourraient aussi bénéficier de la suspension de la réforme des retraites.

Interrogé sur le bien-fondé de cette suspension des retraites, et sur ce qu’il en pensait en tant que citoyen, Jean-Pierre Farandou s’est montré pragmatique, y voyant avant tout « un acte de stabilité politique ».

Vers 15 h 00, les députés commenceront à débattre en priorité de l’article 45 bis du PLFSS, qui suspend jusqu’à janvier 2028 la marche en avant vers les 64 ans, tout comme le relèvement du nombre de trimestres à cotiser. Marine Le Pen a confirmé qu’elle voterait, avec les autres députés RN, en faveur de la suspension.