Avec ce France-Ukraine, les Bleus au défi de remporter un match qu’ils n’ont pas envie de jouer
FOOTBALL – Match amical France-Allemagne, 13 novembre 2015. Il y a dix ans, une première explosion retentissait dans le Stade de France à la 17e minute de jeu, suivie d’une seconde trois minutes plus tard. Sur la pelouse, Blaise Matuidi, Olivier Giroud et les autres ne le savaient pas encore, mais l’équipe de France venait d’assister aux prémisses d’une attaque terroriste d’ampleur perpétrée par des djihadistes venus frapper la France en plein cœur.
Une décennie plus tard, ce jeudi 13 novembre, le hasard du calendrier a voulu que les Bleus jouent un match en cette journée symbolique. Et pas n’importe quel match puisqu’il s’agit d’une rencontre cruciale pour assurer sa place au Mondial-2026. Une affiche France-Ukraine, programmée à 20 h 45 au Parc des Princes, dont le groupe tricolore se serait bien passé.
À la veille de ce match qui pourrait officiellement qualifier les Bleus pour la prochaine Coupe du Monde, le capitaine français Kylian Mbappé soulignait lui-même le caractère singulier d’une telle confrontation. « Jouer 10 ans après, c’est spécial », admettait-il, avant de souhaiter que ce match puisse permettre de « faire passer la journée la moins difficile possible à toutes ces personnes qui ont été touchées » de près ou de loin par les attentats du 13-Novembre.
Timing regrettable, mais inévitable
Un vœu pieux, pas forcément partagé par tous. Car dans un tel contexte, Didier Deschamps s’était montré bien plus réservé quant au timing de cette rencontre. Interrogé sur le sujet en conférence de presse le 6 novembre, le sélectionneur français avait tout de suite évoqué une « question sensible ». Avant de lâcher : « Au fond de moi, si on avait pu éviter de jouer ce 13 novembre, ça aurait été bien ».
« Est-ce que c’était possible ou pas possible (de jouer un autre jour ?), je n’ai pas les réponses et ça ne dépend pas de moi », glissait également le sélectionneur français, peu à l’aise à l’idée de revenir sur cette dramatique soirée d’automne 2015. Préférant invoquer un « devoir de mémoire » primordial malgré un contexte sportif non négligeable.
Depuis, la Fédération Française de football a fait comprendre, non sans regrets, que le match n’aurait pas pu être reporté, même si la 3F l’avait demandé. Question d’équité sportive. En effet, France-Ukraine et Azerbaïdjan-Islande doivent se jouer le même jour, comme c’est le cas dans chaque groupe, lors de chaque journée des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. À cela s’ajoute une contrainte supplémentaire : celle du calendrier international, bien trop serré pour permettre un tel décalage.
Humilité requise en cas de victoire
Malgré l’émotion et le poids de cette journée de commémoration à laquelle l’équipe de France est intimement liée, l’objectif reste la victoire. Car un résultat positif assurerait forcément aux Bleus leur ticket pour le Mondial disputé en Amérique du Nord.
Mais une hypothétique victoire à domicile devra être fêtée avec mesure. D’abord parce que ce jeudi 13 novembre sera avant tout marqué par les commémorations des attentats de Paris et Saint-Denis. Une minute de silence sera d’ailleurs respectée avant le coup d’envoi de France-Ukraine.
Mais les Bleus devront aussi se montrer humbles en cas de victoire. Face à eux, l’Ukraine rêve plus que tout autre nation d’obtenir un ticket pour le Mondial. D’autant plus après avoir manqué le dernier au Qatar, quelques mois seulement après l’invasion russe de l’Ukraine. Symbole de résilience ultime après bientôt quatre ans de guerre, s’assurer une qualification directe pour la prochaine Coupe du monde passera obligatoirement par une victoire face à la France pour les Ukrainiens. D’autant qu’il s’agit du seul moyen pour eux d’éviter la case barrage, qui n’avait pas franchement souri aux Jaune et Bleu quatre ans plus tôt.



