Il n’y a guère que Rachida Dati et les organisateurs qui veulent maintenir le Festival d’Angoulême 2026
L’étau se resserre. Ce jeudi 20 novembre, les financeurs publics du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême se sont réunis lors d’une conférence de presse, à l’issue de laquelle ils ont exhorté ses organisateurs de renoncer à la prochaine édition, toujours prévue dans la commune du Sud-Ouest du 29 janvier au 1er février.
« Il nous apparaît plus que compliqué d’organiser [son] maintien », a annoncé le maire d’Angoulême Xavier Bonnefont, aux côtés des représentants des collectivités locales et de l’État, qui financent l’événement à hauteur de 50 %. « Nous demandons donc à l’association du FIBD et à l’organisateur de tirer les conclusions que cette réalité impose », a ajouté l’élu.
Cet appel intervient alors que le monde de l’édition, dont les grands du milieu comme Casterman, Dargaud ou Glénat, ont récemment rejoint la mobilisation des auteurs et des autrices visant à « déserter » le festival, en raison de la dernière reconduction de l’actuel gestionnaire controversé du FIBD, la société 9e Art +.
En janvier de cette année, une enquête parue dans L’Humanité pointant du doigt des « dérives » mercantiles, une opacité financière et des accusations de management toxique (dont des burn-out à répétition, et une affaire de viol qui aurait été couverte) a largement mis le feu aux poudres en coulisses.
Le mouvement de contestation est tel qu’il a poussé l’association propriétaire du festival à déclarer « caducs » les résultats du dernier appel d’offres pour l’organisation de l’événement, renonçant ainsi à reconduire 9e Art+ au-delà de son contrat actuel. Celui-ci va jusqu’en 2027.
La mobilisation continue
Victoire ? Pas vraiment. Le monde de la BD se montre toujours aussi méfiant. Pour le Syndicat national de l’édition, « la confiance est rompue » et la présidente de l’asso, Delphine Groux, « artisan du chaos, ne peut pas piloter un nouvel appel à projets ».
Les menaces de boycott de la prochaine édition n’ont pas été levées, et la ministre de la Culture, Rachida Dati, a pour sa part annoncé une réduction « de plus de 60 % de la subvention » accordée par l’État à 9e Art +, craignant de voir le festival devenir « un naufrage à compter de l’édition 2026 ».
Il n’empêche, cette dernière a déclaré par la voie de son ministère, lors d’un briefing téléphonique organisé avec la presse ce mercredi, souhaiter « qu’une édition 2026 puisse se tenir, sans se voiler la face sur les conditions particulières de l’événement ».
Idem pour l’organisation du FIBD qui, dans un communiqué, a formulé son « espérance que les discussions en cours pourront permettre de trouver une solution afin que se tienne l’édition 2026, dans l’intérêt même de l’écosystème de la bande dessinée et par respect pour un public de passionnés ». Ils sont désormais bien les seuls.



