Ce film très attendu avec Julia Roberts est encore pire que ce qu’on pensait
Un drame brumeux qui s’embourbe dans les longueurs et le blabla, avec un fonds très discutable. Lors de la dernière Mostra de Venise, le film de Luca Guadagnino avait soulevé une vive polémique, accusé de pointer du doigt la cancel culture. Le réalisateur tout comme la star du film Julia Roberts s’en étaient expliqués alors. After the hunt sort ce jeudi 20 novembre directement en streaming sur Amazon Prime Video, et forcément, on a eu envie de vérifier s’il faisait beaucoup de bruit pour rien. Oui et non.
After the Hunt suit la vie bien rangée d’Alma, professeure de philosophie à Yale, jouée par l’actrice oscarisée. Lorsque son élève préférée Maggie (Ayo Edebiri) lui confie avoir été agressée sexuellement, tout bascule. Celui qu’elle accuse est son ami de longue date, Hank (Andrew Garfield), qui nie en bloc et accuse au contraire l’étudiante de plagiat. Jusque-là, on a les ingrédients d’un film avec beaucoup de potentiel. Jusque-là.
Mais l’affiche du film annonçait bien la couleur « Tout n’est pas supposé vous mettre à l’aise » peut-on y lire. Certes, mais il y a des limites. Prenons les « problèmes » un par un. Sur le fond tout d’abord, difficile de ne pas serrer les dents tout au long du film face au traitement du sujet Metoo. Et cela commence par la présentation des personnages dès les premières minutes.
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Le traitement problématique de Metoo
Le réalisateur introduit d’emblée dans l’esprit du spectateur que l’étudiante n’est pas une victime innocente. En fil rouge tout au long du film, cette impression se renforce désagréablement. Mais à l’inverse, lorsque le professeur est mis en scène, il y a du pathos et donc de l’empathie pour l’agresseur présumé qui voit sa vie détruite. Le personnage de Julia Roberts auquel le spectateur devrait pouvoir s’identifier, s’enfonce parallèlement dans sa propre noirceur, sans vraiment prendre parti.
La remise en question de la parole des victimes de violences, appuyant sans la nommer sur le « problème » de la cancel culture, pose question quand aux motivations premières du réalisateur. Faire du personnage de Julia Roberts le centre du récit alors qu’elle n’est pourtant pas mêlée à l’affaire, aussi. Le petit hommage à Woody Allen dans le générique de début n’est pas franchement non plus, à notre sens, de très bon goût.
Passons à la forme, et autant vous prévenir, là non plus, nous n’avons pas été séduits. Julia Roberts est au sommet de son art, Andrew Garfield poignant, et Ayo Edebiri intrigante, mais à part ça, pas grand-chose ne va. After the hunt se déroule dans la prestigieuse université de Yale au sein d’un milieu d’intellectuels férus de philosophie. Tout comme l’est le réalisateur qui nous avait déjà abreuvés dans ses précédents films de « séquences philo ».
Même Julia Roberts ne sauve pas « After the hunt »
Le film débute ainsi par un ping-pong (interminable) d’idées piquées aux plus grands noms de la discipline. Le but : faire prononcer aux personnages des phrases introduisant les thèmes centraux dans le film du doute, de la jalousie, de la discrimination positive ou encore de l’égocentrisme. Le résultat : on regarde notre montre au bout de 10 minutes à peine.
On peut également évoquer la bande originale du film qui ne permet en rien de nous détendre. Elle est composée pour l’essentiel d’une alternance de silences occupés seulement par le tic-tac d’une horloge, de symphonies assourdissantes et de bruits d’instruments dissonants. Enfin, After the hunt est un film long, Et 2h18 de malaise, c’est franchement inconfortable.
Oui, on l’a regardé jusqu’au bout parce qu’on « voulait savoir », mais ne vous attendez pas à un twist à la Usual Suspects ou à la Seven. Notre verdict est implacable, After the hunt est un film raté que même Julia Roberts, alias Erin Brokovitch, ne parvient pas à sauver.


