Avant ses premières interviews, la première image de Boualem Sensal en France
Gracié par l’Algérie après un an de prison puis rentré en France mardi, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal s’exprime pour la première fois depuis sa libération dimanche soir au 20h France 2. « Après sa libération et son retour en France, il accordera sa première interview à France Télévisions et répondra aux questions de Laurent Delahousse », a annoncé le groupe audiovisuel public dans la matinée.
Un peu plus tard, c’est France Inter qui a annoncé une interview dans sa matinale de lundi. Un entretien enregistré (comme celui de France2) et qui a donné lieu à la première image de l’écrivain depuis son retour en France. C’est le journaliste Benjamin Duhamel qui interroge Boualem Sansal avec Florence Paracuellos pour France Inter qui a posté la photo où l’on voit l’écrivain cheveux courts. Un extrait a ensuite été diffusé par la radio.
Selon son comité de soutien, une interview dans la presse écrite est également prévue. Autant de prises de parole très attendues mais aussi encadrées tant elles sont lourds d’enjeux diplomatiques. L’écrivain, qui était au cœur d’une crise diplomatique entre Alger et Paris, est rentré en France mardi, après avoir d’abord été transféré à Berlin pour des soins médicaux, et a été reçu par Emmanuel Macron dès son retour. Un retour discret permis par l’action du président allemand, qui s’est fait hors de la vue des médias.
Peu après sa libération, Boualem Sansal avait dit à son compatriote Kamel Daoud, prix Goncourt 2024, qu’il espérait que les relations entre la France et l’Algérie allaient « évoluer », selon des propos rapportés dans Le Point.
Un programme médias « assez encadré »
Boualem Sansal « est conscient qu’il arrive dans un contexte profondément marqué par la difficulté de la relation franco-algérienne et que ce contexte pèse vraisemblablement sur son expression publique », a déclaré à l’AFP Arnaud Benedetti, fondateur de son comité de soutien, qui lui a parlé au téléphone vendredi. « C’est un programme médias qui me paraît assez encadré », a jugé le fondateur du comité de soutien, présidé par l’ancienne ministre Noëlle Lenoir.
« On est dans un moment où la France essaie de reprendre langue d’une manière un peu plus apaisée avec l’Algérie que ces derniers mois, elle souhaite vraisemblablement que rien ne soit fait qui puisse venir entraver cette petite amorce de reprise de dialogue », a poursuivi Arnaud Benedetti, en soulignant qu’il ne s’agissait que d’une « supputation ». « D’autant plus que le cas Sansal est aujourd’hui réglé mais que le cas Christophe Gleizes reste en instance au moins jusqu’au 3 décembre », a-t-il noté.
Collaborateur des magazines So Foot et Society, le journaliste Christophe Gleizes, 36 ans, a été condamné fin juin en première instance à sept ans de prison ferme en Algérie, notamment pour « apologie du terrorisme ». Son procès en appel aura lieu le 3 décembre.


