Ce chiffre du chômage confirme que la promesse faite par Macron en 2022 est intenable

C’est à se demander si les présidents de la République doivent encore faire des promesses sur le front de l’emploi. François Hollande a traîné comme un boulet sa fameuse inversion de la courbe du chômage, intervenue bien trop tard en fin de quinquennat après trois années de hausse continue et un pic à 10,5 %. Quant à Emmanuel Macron, c’est son objectif plein-emploi qui ressemble à une chimère.

Les chiffres du chômage publiés par l’Insee ce vendredi 7 août confirment en effet qu’il sera impossible d’atteindre le niveau souhaité par le locataire de l’Élysée pour 2027. Alors qu’Emmanuel Macron tablait en 2022 sur 5 %, une promesse réitérée deux ans plus tard, le taux de chômage en France a augmenté de 0,2 point au deuxième trimestre pour atteindre 8,3 %. Soit le plus haut niveau enregistré depuis l’automne 2020 et la crise du Covid.

« Malgré un contexte économique difficile, le marché du travail français résiste », tente de se défendre le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou. Qui identifie trois défis pour la prochaine mandature : l’insertion des jeunes sur le marché du travail (21,4 % des 15-24 sont au chômage), le maintien en emploi des travailleurs expérimentés (5,5 % des plus de 50 ans n’ont pas d’emploi) et une meilleure adaptation des compétences aux besoins des entreprises, notamment « dans le nucléaire, la transition écologique ou l’industrie de défense ».

Le chômage n’est plus une préoccupation des Français

Mais en réalité, cela fait des mois que la cible envisagée en 2022, au moment où Emmanuel Macron annonçait la transformation de Pôle emploi en France Travail, n’est plus atteignable. Car si les politiques macronistes ont porté leurs fruits en matière d’emploi lors du premier quinquennat (le chômage passant de 9,6 à 7,1 %), la hausse est constante depuis la réélection d’Emmanuel Macron, dans le sillage des crises économiques.

« Non, ce n’est pas atteignable d’ici l’année prochaine », admettait en mai le ministre de l’Économie Roland Lescure, tout en nuançant aussitôt : « Mais ça doit rester un objectif national. » Dès 2024, alors que le chômage n’était encore qu’à 7,5 % de la population, son prédécesseur Bruno Le Maire estimait que la France ne pourrait pas atteindre les 5 % en 2027 « à modèle social constant ».

En début d’année cependant, les macronistes voulaient croire que cet échec ne sera pas mis au débit du bilan et qu’il ne plombera pas les héritiers du chef de l’État. « Je ne pense pas que cela sera un angle d’attaque car ça se traduit quand même par une baisse de la préoccupation des Français sur le sujet, alors que c’était un mal très français, j’ai l’impression que c’est derrière nous », voulait croire en février dans Le Monde l’ancienne ministre du Travail et députée (Renaissance) de Paris Astrid Panosyan-Bouvet.

Confirmation avec la vague d’août du baromètre YouGov pour Le HuffPost dans laquelle le chômage et l’emploi ne sont pas, et de loin, la principale priorité des Français. Seulement 4 % les citent, très loin derrière le pouvoir d’achat 24 %, les finances publiques 14 %, l’immigration 13 % ou l’environnement 8 %.