Politique

Le courrier moqueur de cet élu lyonnais à Ciotti sur le village olympique des Jeux d’hiver 2030 

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Alors que Nice devait être l’une des grandes villes hôtes des prochains Jeux d’hiver, la ville n’en verra finalement pas la couleur. Le comité d’organisation, la Région Auvergne-Rhône-Alpes et la Métropole ont annoncé le 3 août que le village olympique du pôle glace des Jeux de 2030 prévu à Nice sera finalement installé à Oullins-Pierre-Bénite, en périphérie de Lyon.

Une aubaine pour la circonscription lyonnaise du député Modem Cyrille Isaac-Sibille qui n’a pas caché sa joie au maire UDR Éric Ciotti, à travers un courrier lui étant adressé, et relayé sur X par le président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur Renaud Muselier, ennemi juré de l’édile niçois.

« Permets-moi de te remercier »

« Permets-moi de te remercier, avec toute l’amitié qui sied à notre fonction, lui écrit-il avec une pointe de sarcasme. Grâce à toi, c’est finalement notre territoire qui aura le privilège d’accueillir les athlètes olympiques et paralympiques ! »

Un clin d’œil aux querelles politiques qui ont opposé le nouveau maire de Nice dès son élection avec le comité d’organisation ainsi que Renaud Muselier. Principal objet des tensions, la patinoire provisoire qu’Éric Ciotti refusait de voir apparaître dans le stade de foot de l’Allianz Riviera, qui, ajoutée à d’autres désaccords et fait couler le projet global.

C’est donc tout le pôle glace qui devait s’implanter à Nice qui lui a été retiré, de quoi faire sortir de ses gonds le maire d’extrême droite. « Tout porte à croire que cette décision relève davantage d’un choix politicien guidé par la satisfaction de lobbies privés que de considérations techniques ou organisationnelles, et qu’elle vise à sanctionner les Niçois pour le vote qu’ils ont librement exprimé dans les urnes, » s’insurgeait-il devant les caméras le 29 mai.

Pas prêt à refermer ce chapitre, le maire, encore député, a aussi déposé en fin de session parlementaire une proposition de résolution pour la création d’une commission d’enquête à l’Assemblée nationale sur les JO 2030 organisés dans les Alpes françaises. Il faut dire l’abandon du projet va avoir un impact économique certain sur le territoire, le président de la région estimant les pertes économiques entre 800 millions et 1 milliard d’euros.

Un fiasco niçois qui fait gagner gros à Lyon

Autant de pertes ici qui seront gagnées dans la région lyonnaise, comme le souligne Cyrille Isaac-Sibille. La capitale des Gaules et ses environs récupèrent en effet tout le pôle glace soit 75 matches de hockey, 150 de curling, 16 sessions de patinage artistique et 9 épreuves de short-track.

Le patinage artistique synchronisé, nouvelle discipline, se tiendra également à Lyon. La troisième ville de France accueillera également les épreuves paralympiques de glace, et donc un village d’athlètes du pôle glace situé dans la métropole, à Oullins-Pierre-Bénite. « Cette implantation accélérera la transformation du quartier de la Saulaie, se réjouit-il dans son courrier. Lorsque les premiers athlètes emprunteront le métro ou rejoindront Gerland depuis la Saulaie grâce à la passerelle dont la construction devra être accélérée, j’aurai une pensée pour toi ! »

Et il suffit de lire la réponse du principal intéressé sur X pour comprendre que le député a tapé là où ça fait mal. « En 2030, cela fera longtemps qu’avec ton ami Muselier, qui a enlevé les JO à Nice, vous ne ferez plus de politique : les électeurs auront renvoyé les macronistes à leurs affaires. Rendez-vous en 2027 ! ».