Quels sont les risques pour la santé à regarder l’éclipse solaire sans lunettes spéciales
En France, l’éclipse solaire du 12 août ne sera pas totale comme en Espagne, mais néanmoins observable, avec des lunettes dédiées. Le phénomène sera perceptible partout dans le pays en fin d’après-midi, ressemblant à un premier crépuscule (avant le vrai plus tard dans la soirée), plus ou moins prononcé selon qu’on se trouve au sud ou au nord du pays.
Quand à Dunkerque il restera environ 10 % d’ensoleillement au plus fort de l’éclipse (vers 18h15), le taux d’obscuration sera ainsi de 99,6 % à Saint-Jean-de-Luz (un peu avant 18h30). Il faudra toutefois compter avec les éventuels nuages, qui pourraient gâcher le moment.
C’est le point essentiel à ne pas négliger au prétexte que l’éclipse ne sera que partielle chez nous : il faudra pour l’observer impérativement porter des lunettes conformes à la norme ISO 12312-2 : 2015, portant le marquage CE de conformité, les seules qui puissent protéger les rétines des ultra-violets. Elles doivent porter au verso des « instructions d’usage en français » et « la date de fabrication, le lot, l’origine, le fabricant et le distributeur en France doivent aussi être indiqués », met en garde la Société astronomique de France (SAF), qui appelait dès fin juin à la « vigilance ».
« Il faut des lunettes spécifiques afin de protéger nos rétines des UV », explique à l’AFP Alain Cirou, directeur général de l’association française d’astronomie (AFA). « Ce n’est pas l’éclipse qui est dangereuse, c’est le fait de regarder directement le Soleil sans protection. On peut se faire un trou noir dans la rétine sans s’en rendre compte et c’est irréversible », explique-t-il.
Ne surtout pas ressortir les paires de 1999
Les rétines ne possèdent en effet pas de récepteurs de douleur, et les troubles visuels peuvent apparaître plusieurs heures, voire jours, plus tard. Si vous fixez directement l’éclipse, les cellules photoréceptrices encaissent alors une lumière trop intense. La perte de vision qui en découle peut alors rester définitive.
Lors de la dernière éclipse totale visible en France, en 1999, 147 personnes avaient ainsi subi une brûlure de la rétine, tandis que 17 cas graves avec une acuité visuelle descendue sous les 2/10, les classant comme « déficients visuels », avaient été recensés après coup par Santé publique France.
À propos de cette éclipse il y a 27 ans maintenant, gare à ceux qui seraient tentés de ressortir leur vieille paire cartonnée de l’époque. À l’époque, le dispositif Éclipse Info avait notamment distribué près de 15 millions de paires de lunettes avec l’appui de l’État et des collectivités.
Le ministère de la Santé a prévenu fin juillet que les filtres achetés pour l’éclipse de 1999 sont aujourd’hui susceptibles d’être altérés, « même sans signe apparent de dégradation ». Une paire qui paraît intacte à l’œil nu peut en effet avoir perdu son pouvoir filtrant à cause de la chaleur ou de l’humidité.
Le ministère proscrit également toute utilisation de protections de fortune, comme « des verres fumés, les films radiologiques ou de simples lunettes de soleil ». Ne tentez pas non plus d’observer l’éclipse avec « des instruments d’optique (jumelles, longue-vue, appareil photographique…) ou à travers un téléphone ». Attention aussi aux lunettes que l’on pourrait trouver en dernière minute, notamment sur Internet.
Les lunettes conformes, vendues généralement entre 50 centimes et 4 euros la paire, peuvent s’acheter dans des magasins spécialisés ou auprès d’opticiens. Quand ceux-ci ne sont pas déjà en rupture de stock, ce qui est déjà souvent le cas comme le montre ce reportage de RTL. Elles seront aussi distribuées sur des sites d’observation ouverts au public, et certains médias comme Ciel&Espace et le réseau de radios ICI en offriront à leurs lecteurs ou auditeurs.



