Après une dernière édition polémique, le Delta Festival jette l’éponge
Clap de fin pour le Delta Festival à Marseille ? Ce vendredi 7 août, la société qui organise cet important festival sur les plages de la ville tous les étés a publié un communiqué annonçant qu’elle jetait l’éponge face aux difficultés.
Alors que sa trésorerie était déjà fragilisée par les précédentes éditions, les révélations de violences sexuelles visant le président de l’événement, ainsi que les annulations d’artistes et d’associations en cascade cette année, mais aussi les intempéries, auront eu raison du festival musical. Il vivait en juillet dernier sa douzième édition.
« Cette année, l’ampleur nationale de la crise médiatique, les annulations d’artistes et l’annulation de notre journée de plus forte affluence ont conduit à une situation économique devenue impossible à surmonter », écrit ainsi Delta Agency dans un communiqué diffusé sur ses réseaux sociaux (à lire plus bas en intégralité).
Ouvert le 23 juillet, le Delta Festival avait notamment dû faire face à une grêle exceptionnelle le 25 juillet, contraignant ses organisateurs à annuler le festival dès le samedi, sa journée la plus importante. Ce qui a pesé lourd dans l’équilibre financier de Delta Agency, déjà fragilisé par « le Covid en 2020, la tempête de 2023, les inondations exceptionnelles de 2024 (ou) le mistral de 2025 ».
23 personnes licenciées pour motif économique
« Chaque édition faisait travailler des centaines de techniciens, intermittents, agents de sécurité, artistes, restaurateurs, transporteurs, fournisseurs, associations et entreprises locales. C’est tout un écosystème culturel, économique et associatif qui va aujourd’hui être fragilisé », écrit encore Delta Agency, qui annonce que 23 personnes vont être licenciées pour motif économique.
« Nous espérons de tout cœur que le Delta Festival continuera d’exister pour Marseille », veulent croire les organisateurs.
Plusieurs artistes, parmi lesquels le DJ franco-suisse Mosimann et le groupe Acid Arab, avaient annoncé peu de temps avant le festival en juillet annuler leur participation. D’autres, comme le DJ Yann Muller, avaient annoncé qu’ils maintenaient leur participation mais reverseraient leur cachet à des associations.
Ces défections en série ont fait suite aux révélations du site d’information MarsActu, qui s’était fait l’écho d’accusations d’agressions sexuelles à l’encontre de l’un des fondateurs et coprésident du festival, Olivier Ledot, mis en cause par d’anciennes collaboratrices ou bénévoles. Dans un communiqué adressé à MarsActu, Olivier Ledot avait rejeté les accusations portées contre lui, se disant « profondément révolté » et dénonçant une démarche « visant à porter atteinte à (sa) réputation et, à travers (lui), à déstabiliser le Delta Festival, voire à le détruire ».



