Politique

Un an et demi après Chido, la visite de Lecornu très attendue à Mayotte en pleine rentrée scolaire

La rentrée scolaire à Mayotte a été quelque peu mouvementée, ce lundi 24 août. Un an et demi après le passage dévastateur du cyclone Chido dans l’archipel, enseignants et parents estiment que la situation a peu évolué dans les écoles. Des rassemblements de parents d’élèves se sont tenus devant des établissements du département, a rapporté La 1re, et plusieurs d’entre eux sont restés fermés pour dénoncer la lenteur des réparations.

Des écoles dans la commune de Bouéni, au sud-ouest de l’archipel, comme à Koungou, au nord du département, sont ainsi restées portes closes lundi. Et des manifestations de parents d’élèves sont à nouveau annoncées pour ce jeudi 27, cette fois devant l’école maternelle d’Acoua, au nord-ouest.

C’est dans ce contexte que Sébastien Lecornu est attendu, ce mercredi, pour deux jours de visite à Mayotte. Le Premier ministre et ex-ministre des Outre-Mer vient pour tenter d’accélérer la reconstruction de l’archipel, qui tarde à se concrétiser.

Dans une lettre adressée aux maires de l’archipel en amont de sa visite, Sébastien Lecornu a reconnu que « la reconstruction et le développement du territoire sont trop lents », citant entre autres « les besoins de construction et de rénovation des écoles ». Dans ce contexte, le chef du gouvernement doit notamment rencontrer des écoliers lors de son déplacement.

Une « inertie généralisée »

Outre les parents d’élève, les syndicalistes et les enseignants se mobilisent pour que le sujet soit évoqué. « Quelques centaines de milliers d’euros ont été distribués ici ou là, mais la situation n’a pas vraiment évolué », a dénoncé Rivo Rakotondravelo, secrétaire départemental de la FSU, au micro de La 1re.

« Ces dernières années, nous n’avons pas eu de nouvelle livraison en termes d’établissement du second degré (…). On dit seulement que ce sont les maires, on parle de mauvaise volonté des élus. Mais on peut aussi le dire concernant nos responsables de l’État… C’est une inertie généralisée », a appuyé le secrétaire.

L’intersyndicale CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, FSU, Solidaires, Unsa, Snalc (éducation) a appelé à des grèves et des manifestations pendant la visite de Sébastien Lecornu. « Il n’est pas question que le Premier ministre et ses ministres viennent à Mayotte sans entendre nos revendications », insiste Rivo Rakotondravelo.

D’après la rectrice Valérie Debuchy, 96 % des élèves ont 24 heures de cours par semaine cette année, contre 91 % l’année dernière. En revanche, 70 % des écoles fonctionnent encore avec un système de rotation, une problématique déjà présente avant 2024.

Salles de classe encore ouvertes, plafonds pas terminés…

« On est encore dans des salles de classe qui sont ouvertes, avec des plafonds qui ne sont pas encore terminés, mais au moins les enfants sont à l’école », a voulu positiver le préfet de Mayotte, Frédéric Poisot, depuis l’école élémentaire Magnélé, à Mamoudzou, cite l’AFP.

La chaîne La 1re liste également de nombreux établissements où les travaux post-Chido restent inachevés et où les conditions d’accueil des élèves sont insatisfaisantes.

Les appels des parents d’élèves et des enseignants ne se concentrent toutefois pas uniquement sur les manques après le passage du cyclone. Depuis de nombreuses années, les infiltrations d’eau, la présence de nuisibles et les locaux dégradés sont dénoncés. « C’est une rentrée qui ressemble à pas mal de rentrées, ces dernières années », a fait valoir Abdoul-Lihariti « Maradona », porte-parole de l’association des maires de Mayotte.

Près de 120 000 élèves ont fait leur rentrée lundi à Mayotte. Chido avait détruit ou endommagé 40 % des établissements scolaires en décembre 2024. Le cyclone avait par ailleurs fait 40 morts et 41 disparus.