Séropositive, cette élue communiste appelle à combattre les préjugés
Ils ne sont pas nombreux à le révéler publiquement, mais Raphaëlle Primet l’a fait. Dans une interview à L’Humanité mise en ligne ce mardi 1er septembre, la co-présidente du groupe communiste au Conseil de Paris explique pour la première fois être atteinte du sida. « Je ne m’en suis jamais cachée, mais je ne l’avais jamais déclaré publiquement, exprime-t-elle. Plusieurs personnes m’avaient déjà demandé pourquoi je ne le faisais pas ».
C’est désormais chose faite, Raphaëlle Primet ayant profité d’une rencontre avec Christophe Paco et Nicolas Aragona, deux militants en grève de la faim mobilisés à Paris, pour faire cette annonce. Au-delà de son cas personnel, l’élue PCF compte alerter sur les discriminations que subissent les personnes séropositives, qui relèvent selon elle « d’une forme d’obscurantisme ».
« La sérophobie peut avoir des conséquences très concrètes : certaines personnes n’osent plus aller se faire dépister ou parler de leur séropositivité à leurs partenaires. Elle peut donc avoir des conséquences sanitaires. Jean-Luc Romero s’est d’ailleurs longtemps retrouvé presque seul parmi les élus à avoir publiquement parlé de sa séropositivité », expose-t-elle.
Jean-Luc Romero, ex-adjoint d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris, a fait part de son « immense soulagement » et de sa « joie » à l’annonce de la prise de parole « courageuse » de Raphaëlle Primet. « Pendant vingt-trois long années, j’ai porté ce combat à bout de bras, me sentant souvent bien seul, dans le silence ou l’indifférence de la classe politique, en tant que seul homme politique à avoir osé dire sa séropositivité », rappelle-t-il, estimant que les propos de sa camarade constituent une « avancée pour la visibilité de toutes les personnes concernées ».
Remontée contre les messages de haine qui affluent sur les réseaux sociaux, Raphaëlle Primet affirme que cela a paradoxalement pu constituer un déclic. « On retrouve des insultes qui associent encore le VIH aux homosexuels ou aux usagers de drogues. On a parfois l’impression d’être revenus au début de l’épidémie », déplore-t-elle.
« Contexte de montée de l’extrême droite »
Si certains plaident pour une nouvelle loi permettant de lutter contre les discriminations des personnes atteintes de VIH, Raphaëlle Primet se dit plutôt favorable à l’idée de « modifier la loi de 2008 sur les discriminations afin d’y ajouter expressément, nommément, la sérophobie ». Selon elle, ce fléau doit être reconnu « clairement comme une discrimination et pouvoir être sanctionné comme tel ».
Le sénateur PCF Ian Brossat, qui préside avec elle le groupe communiste au Conseil de Paris, salue « le courage » de sa collègue, qui a su « briser le silence et faire entendre la voix de celles et ceux qui subissent encore les discriminations liées au VIH ». « La sérophobie doit être combattue et enfin reconnue dans la loi », affirme-t-il.
Raphaëlle Primet fait le lien entre le climat politique et les discriminations dont sont victimes les personnes vivant avec le sida, qui « s’exacerbent dans un contexte de montée de l’extrême droite ». « Il y a une ambiance générale dans laquelle on ramène de nouveau les personnes à leur état de santé, leur couleur de peau, leur sexualité ou à tout ce qui les rend différentes », regrette l’élue du XXe arrondissement de Paris, qui était montée à bord d’une flotille pour Gaza au printemps.



