On a vu le film « Dix pour cent », et ce n’était vraiment pas indispensable
Vite vu, tout aussi vite oublié. Dix pour cent s’est risqué à l’exercice difficile de l’adaptation au format film. Le long-métrage qui sort sur Netflix ce jeudi 10 septembre, avec Camille Cottin, Laure Calamy et toute l’équipe de la série, est sympathique. Et c’est à peu près tout.
La série créée par Dominique Besnehard et Fanny Herrero est devenue un phénomène dès la première saison en 2015. Succès d’audience constant lors de sa diffusion sur France 2 et succès critique pour les journalistes spécialisés et les téléspectateurs, elle s’était achevée « comme il faut » en 2020 après la fin de sa 4e saison. Six ans plus tard, les agents de stars de chez ASK sont de retour pour de nouvelles aventures dont on aurait tout à fait pu se passer.
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Dans le long-métrage réalisé par Émilie Noblet, Andrea (Camille Cottin) a changé de carrière. Devenue scénariste et réalisatrice, elle s’apprête à tourner son premier film avec Laurent Laffite et Laetitia Casta. Lorsque la star de La Cage aux Folles annule à la dernière minute, elle se rabat sur Vincent Macaigne dont l’agent n’est autre que Gabriel (Grégory Montel), qui travaille désormais chez Star Media. Agacée par son producteur, elle décide en plus de demander à Noémie (Laure Calamy), désormais productrice, de l’épauler. Et forcément, tout part en cacahouète.
À plusieurs égards, on passe un bon moment devant le film Dix pour cent. Quand Andréa pète les plombs, quand Noémie patauge pour tenter de rattraper le coup, quand Hervé (Nicolas Maury) devenu comédien fait « du Hervé », quand Gabriel mange de la chantilly à même la bombe, quand Arlette (Liliane Rovère) calme le jeu, ou encore quand Mathias (Thibault de Montalembert) fait (encore) des crasses à tout le monde. On se délecte aussi des petites interactions qu’ont les agents (ou ex-agents) avec les célébrités, et des petits ou gros craquages de celles-ci.
Le format film ne prend pas
Si l’on savoure momentanément un bonbon de nostalgie, ce petit goût sucré ne suffit pas longtemps. Tout ce qui faisait précisément le sel, et le succès, de Dix pour cent (la série) est là, mais ne s’adapte pas à ce nouveau format. Le scénario de ce long-métrage s’appuie très lourdement sur ses acquis et se révèle tristement plat. Tout va trop vite pour boucler en 2 heures de temps ce qui en aurait pris 6 au format épisodes.
Par ailleurs, l’intrigue verse à certains moments dans une forme de sentimentalisme presque dégoulinant dont étaient pourtant exemptes les quatre saisons de la série. Enfin, le réalisme très appréciable des personnages principaux de la série Dix pour Cent et de leur quotidien a cédé la place au too much, autant dans leurs péripéties que dans leur interprétation.
À l’image des films Sex and the City et Veronica Mars, on a rapidement l’impression d’assister à une construction un peu bancale et artificielle. Uniquement destinée à venir satisfaire un manque qui n’existait pas vraiment, et à capitaliser dessus. La bonne nouvelle c’est que vous pourrez vous faire votre propre idée depuis votre canapé.



