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Edgar Grospiron n’a pas pu éviter la démission, les JO 2030 se retrouvent sans patron

Le comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques 2030 a annoncé, ce jeudi 10 septembre, la démission de son président Edgar Grospiron, plombé par une grave crise de gouvernance et qui avait perdu la confiance des parties prenantes de ces JO d’hiver.

« Sa décision de quitter la présidence s’inscrit dans une transition choisie, organisée et assumée, dans l’intérêt du projet et de sa gouvernance. Elle traduit une volonté partagée avec les parties prenantes de permettre à l’organisation d’entrer rapidement dans cette nouvelle phase opérationnelle », a indiqué le Cojop d’Alpes 2030 dans un communiqué.

Le Cojop précise qu’une assemblée générale, prévue lundi, « sera l’occasion d’organiser l’intérim, jusqu’à la désignation prochaine d’une ou d’un nouveau président ».

« Après plusieurs mois de tension au niveau de la gouvernance, je tire la conclusion que les conditions ne sont plus réunies pour moi de continuer cette aventure », a écrit, de son côté, l’ancien champion olympique de ski de bosses sur son profil LinkedIn.

« Il y a eu des décisions difficiles à prendre »

« Certains diront sans doute que c’est un échec ou un renoncement. Je préfère dire que j’ai atteint, dans le cadre qui était le mien, le point où il devenait plus juste de passer la main que de s’y accrocher. Oui, il y a eu des obstacles. Oui, il y a eu des accrochages. Oui, il y a eu des décisions difficiles à prendre », a-t-il ajouté.

Le Comité international olympique (CIO) a, lui, déclaré avoir pris « acte » de « la décision d’Edgar Grospiron de démissionner », estimant dans un communiqué qu’il avait posé des « bases solides » pour le projet.

« Les fondamentaux économiques du projet sont solides » et « le projet bénéficie également de l’élaboration d’un plan directeur des sites robuste », a salué l’instance deux heures après l’annonce du départ d’Edgar Grospiron.

La gestion managériale pointée du doigt

En décembre, la démission de la directrice des opérations, Anne Murac, avait marqué le début d’une série noire de départs qui avait culminé avec celui du numéro deux de l’instance Cyril Linette, annoncé en pleins Jeux d’hiver de Milan-Cortina et justifié par des « désaccords insurmontables » avec Edgar Grospiron.

Mission d’inspection générale, recommandations d’un ancien de Paris 2024, intérim de l’ex-préfet Michel Cadot puis arrivée du préfet Vincent Roberti comme nouveau directeur général : aucun remède n’aura réussi à remettre la gouvernance sur de bons rails.

Et les bonnes nouvelles du début d’été – dévoilement des emblèmes, annonce d’EDF comme premier sponsor premium, bouclage de la carte des sites olympiques – n’auront pas réussi à sauver son siège.

Au-delà de tensions en interne, Edgar Grospiron a dû affronter des luttes d’influence politique et des crispations avec certains acteurs en région vivant mal la volonté de certains responsables parisiens de transplanter dans leurs territoires de montagne l’expérience de Paris-2024.

Sa gestion managériale et sa vision de la gouvernance sont aussi pointées par ses détracteurs qui le décrivent comme « n’en faisant qu’à sa tête » et « n’écoutant rien ». Un audit sur le climat social a été mené auprès de la centaine de salariés de l’instance ces dernières semaines, et ses conclusions doivent être rendues cette semaine.