« Bistronomia », le « The Bear » en vf que Canal+ doit se mordre les doigts d’avoir refusé
SÉRIES TV – Les couteaux sont bien aiguisés. Les tabliers, méticuleusement noués. Place à la « révolution » en cuisine avec Bistronomia, nouvelle série en neuf épisodes à déguster sur la plateforme de France Télévisions depuis ce jeudi 25 septembre, avant une diffusion en prime sur France 2. Une plongée dans les fourneaux digne d’un The Bear à la française, d’après les critiques.
« On y retrouve la même tension haletante, c’est-à-dire casseroles qui claquent, vapeurs brûlantes, dressages millimétrés, mais aussi un sous-texte social : racisme banalisé, sexisme, blessures invisibles », salue le magazine ELLE, à l’instar d’Eva Roque, qui dans sa dernière chronique sur France Inter, en a fait son nouveau coup de cœur.
Son histoire, c’est celle de trois copains. Nous sommes en 2005, et Johanna, Amandine et Vivian vivent à Paris, où ils gravitent chacun à leur manière dans le prestigieux milieu de la restauration française. Ils se rêvent chef(fe) ou critique, mais la violence de leur secteur et son caractère élitiste les étouffe, les refroidit.
« Merci le service public »
Eux, ce dont ils rêvent, c’est d’un nouveau monde de la cuisine : populaire, démocratique et moins académique. En un mot ? « Bistronomique », cette contraction de bistrot et gastronomie apparue dans la vraie vie pour la première fois dans la bouche d’un critique culinaire du nom de Sébastien Demorand. La série s’en inspire.
Fiction originale, Bistronomia a été écrite par quatre autrices sous l’égide de sa créatrice Marie-Sophie Chambon, à partir d’un vrai travail de documentation : une vingtaine d’entretiens avec des cheffes du secteur ont été menés en collaboration avec les fondateurs du Fooding. Son tournage s’est, lui, déroulé aux côtés d’Yves Camdeborde.
Pas une mince affaire qui, comme le rappelle cet article du Parisien, s’est vue lâcher en cours de route par son diffuseur initial : Canal+. « Merci le service public », ironise dans les colonnes du quotidien sa show-runneuse. Aujourd’hui, elle a de quoi sourire : sa série a remporté le prix du meilleur scénario à La Rochelle.
« Quel brio ! »
« Quel brio ! » s’enthousiasmait lors du festival Télérama, selon qui « la tension de la violence en cuisine se double d’un charme fou, qui tient beaucoup à celui des trois interprètes principaux, les adorables et convaincants Yowa-Angélys Tshikaya, Louise Labeque et Edouard Sulpice ».
Les critiques ne tarissent pas d’éloges, ni de jeux de mots. « Série touchante qui ne manque pas de saveurs », selon La Croix, Bistronomia libère « la douceur sucrée d’une amitié sororale, la note salée d’un milieu où le dépassement de soi frôle le sacrifice » et « l’amertume d’un bouillon toxique où la quête d’étoiles Michelin entraîne des violences systémiques », d’après 20 Minutes.
Moins emballé par le scénario « très lisible », Le Monde parle tout de même d’un « ancrage intéressant au récit » grâce au parallèle avec l’actualité sociale (celle des émeutes en banlieues à la même époque), tandis que Ouest-France salue des « épisodes haletants » malgré les sujets lourds. À table, donc ?



