Ce film avec Leonardo DiCaprio sonne comme une réponse explosive à l’Amérique de Trump
CINÉMA – D’escroc de Wall Street à révolutionnaire anticapitaliste, il n’y a qu’un pas pour Leonardo DiCaprio. Ce mercredi 25 septembre, la superstar hollywoodienne enfile sa nouvelle casquette, à l’occasion de la sortie au cinéma du nouveau film d’action survolté de Paul Thomas Anderson, Une bataille après l’autre. Et il ne va pas forcément plaire au clan Trump.
Son histoire, c’est celle d’un certain Bob Ferguson – l’acteur de 50 ans, donc – et de sa bande d’activistes, les French 75. Oui, comme ce cocktail à base de gin, de jus de citron et de champagne. La comparaison s’arrête là. Convaincus qu’aucun changement politique ne se fera sans violence, ses membres ne reculent devant rien. Les banques ? Ils les font péter. Le siège d’un sénateur anti-IVG ? Aussi.
Les membres de la French 75 sont armés, organisés, et redoutables. Rien ne leur résiste, pas même un centre de rétention de migrants, qu’ils réussissent en deux temps trois mouvements à libérer des mains d’un suprémaciste blanc, un colonnel du nom de Steven J. Lockjaw (Sean Penn).
Les French 75
Les années passent, mais le colonel ne s’en remet pas, et surtout : impossible d’oublier leur charismatique leader, la copine de Bob, Perfidia (Teyana Taylor). Après un braquage qui tourne mal, il la retrouve, la coince et la fait parler. Perfidia craque, balance tous les siens pour sauver sa peau. Vite, Bob doit fuir. Il prend ses cliques et ses claques, et son bébé sous le bras.
Découvrez ci-dessous la bande-annonce :
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Seize ans plus tard, le passionné de dynamite s’est rangé. Installé avec son ado désormais lycéenne dans un mobile-home au fin fond des États-Unis, l’ancien militant boit, fume, et flippe toujours autant de se faire retrouver. Et à raison. Car un beau jour, la traque reprend. Cette fois, c’est sa fille qui est en danger.
Course-poursuite façon western des temps modernes, Une bataille après l’autre est non seulement haletant, mais aussi plein d’humour et d’absurde. Désinvolte parfois, il vise pourtant très juste dans son traitement de certains sujets, dont les tensions raciales aux États-Unis, la politique anti-immigration, le suprémacisme blanc ou le conservatisme religieux.
Son point fort ? Sa troupe de révolutionnaires. Des gens « qui se battent pour leurs convictions, pour leurs droits, pour disposer de leur corps et pour qu’on entende leur voix », estime l’actrice Teyana Taylor, dans les notes de production. « Ils veulent venir en aide aux autres […] et se mobiliser contre le pouvoir en place », ajoute sa consœur à l’écran, Regina Hall.
Un « miroir à la société », selon DiCaprio
Leurs personnages confèrent au film plus qu’une touche politique. C’est une réponse décapante à l’Amérique de Donald Trump, qui cible depuis des mois avec la plus grande fermeté les quelque onze millions de migrants sans papiers présents sur le continent nord-américain, déployant la police de l’immigration dans tout le pays afin d’arrêter plus de 3 000 personnes par jour.
« Il va être très intéressant de voir quel public ce film va toucher, souffle à son tour Sean Penn dans une interview accordée au New York Times, en amont de la sortie. Je pense que c’est l’un de ces moments où l’on travaille sur un film qui devient vraiment un cadeau pour le public, comme le sont les meilleures choses. »
Un point de vue partagé par Leonardo DiCaprio. « Bien sûr, on ne se dit pas qu’un film va au bout du compte écrire un scénario dans lequel nous serons tous unis. Mais au mieux, l’art et les films comme celui-ci tendent un miroir à la société et à l’époque dans laquelle nous vivons », commente l’acteur de 50 ans, dans cette même interview croisée.
Si Paul Thomas Anderson met surtout en avant « une histoire familiale, de l’amour et de la haine qui se tissent entre les êtres », Regina Hall va dans le sens de ses partenaires. Ce qu’elle aime le plus avec ce film, c’est qu’il va susciter discussion et introspection. « En sortant, je me suis dit : “Bon sang. Comment a-t-il fait pour rendre une course-poursuite passionnante avec trois voitures, dont deux sont lentes comme jamais ?” » La réponse : en salles.



