Face à Trump, Jane Fonda ressuscite un comité pour la liberté d’expression des années 1940
LIBERTÉ – Une liberté d’expression plus que jamais menacée sous l’ère Trump. Après l’affaire Jimmy Kimmel, Jane Fonda a décidé qu’il était temps de répliquer. L’actrice oscarisée a relancé le Committee for the First Amendment, un mouvement datant des années 1940 et du maccarthysme.
C’est sur les réseaux sociaux que la résurrection du comité a été annoncée par le biais de plusieurs posts et notamment d’une vidéo de Jane Fonda. Le 1er octobre, la comédienne a officiellement redonné vie au Committee for the First Amendment (« Comité pour le premier amendement », en référence à l’article de la Constitution américaine qui garantit la liberté d’expression), une initiative qu’avait lancée son propre père, l’acteur Henry Fonda, durant la guerre froide et la « chasse aux sorcières » contre les célébrités prétendument « favorables » au communisme et « anti-américaines ».
Jane Fonda fait d’ailleurs directement référence à cette période de l’histoire marquée par la censure pour justifier sa décision de relancer cet organisme. « Le maccarthysme a pris fin quand des Américains de tous bords se sont unis et érigés pour défendre les principes de notre Constitution contre les forces de la répression. Ces forces sont de retour. Et c’est à nous qu’il advient de s’unir pour défendre nos droits constitutionnels. »
Le premier « Commitee » avait été lancé en 1947, soutenu par des figures du 7e art comme Lucille Ball, Humphrey Bogart, Lauren Bacall, Gene Kelly, Frank Sinatra et Judy Garland. À l’époque, le sénateur Joseph McCarthy menait une croisade contre les personnalités soupçonnées d’adhérer aux idées communistes.
Jane Fonda revient dans sa vidéo sur l’importance de la liberté d’expression. « On refuse de laisser les choses faire. La liberté de parole et d’expression sont des droits inaliénables de tout Américain, quelles que soient ses opinions et qu’il soit libéral ou conservateur. La possibilité de critiquer, remettre en cause, dénoncer ou même se moquer des gens au pouvoir est fondatrice de ce que l’Amérique a vocation à être », affirme Jane Fonda. Elle fait ici référence à la suspension de Jimmy Kimmel après des commentaires sur la récupération politique du clan Maga de l’assassinat de Charlie Kirk.
Pas une organisation, mais « un mouvement »
L’initiative de Jane Fonda a déjà été rejointe par des centaines de personnalités du monde du divertissement. Comme l’actrice le précise en vidéo, « cela me prouve que notre industrie est prête à résister à cette autocratie et à toute forme d’attaque sur notre liberté fondamentale ». Parmi les stars qui se sont jointes au mouvement, des très grands noms d’Hollywood : Viola Davis, Kerry Washington, Natalie Portman, Aaron Sorkin, Spike Lee, Pedro Pascal, Ben Stiller, Whoopi Goldberg, Sean Penn, John Legend, Julianne Moore, Janelle Monáe, Barbra Streisand, Julia Louis-Dreyfus, Ethan Hawke, Billie Eilish, Mark Ruffalo, Alyssa Milano, ou encore Anjelica Huston.
Pour Jane Fonda comme pour les personnalités qui ont rejoint le Committee for the First Amendment , il y a urgence à agir. « Cela va très vite. Cette forme d’autocratie est en train de se consolider sous nos yeux, on doit faire vite nous aussi. » En guise d’exemple d’actions « faciles » à mener, Jane Fonda évoque la résiliation des abonnements à Disney+ après la suspension de Jimmy Kimmel. L’actrice promet de trouver d’autres façons créatives de se battre pour la liberté d’expression de manière non violente.
L’objectif de Jane Fonda et de son Comité pour le 1er amendement est d’offrir un modèle de résistance pour le reste de la société américaine, anonyme, mais aussi le reste du monde. « Faire ça tout seul, c’est risqué, mais si on est plein, c’est plus sûr. On ne veut pas créer une organisation, on veut déclencher un mouvement. »



