Le Louvre rouvre aujourd’hui, sa directrice doit s’expliquer devant les sénateurs
CULTURE – Touristes et visiteurs vont enfin pouvoir faire leur retour. Le Louvre, qui était resté portes closes depuis le spectaculaire cambriolage du dimanche 19 octobre, doit réouvrir ce mercredi, a indiqué le musée à l’AFP mardi dans la soirée. Avec la fermeture exceptionnelle de lundi et dimanche, puis celle hebdomadaire du mardi, l’institution parisienne est restée vide de visiteurs pendant trois jours.
Sa présidente-directrice, Laurence des Cars, s’exprime ce mercredi devant les sénateurs après être restée silencieuse depuis le braquage. Elle va tenter d’expliquer comment des cambrioleurs ont pu voler des joyaux dans le musée le plus visité au monde, pour un préjudice estimé à 88 millions d’euros. En coulisses, l’enquête se poursuit en toute discrétion pour tenter de mettre la main sur les quatre cambrioleurs et leur incroyable butin.
Un vol qui a provoqué une forte émotion en France comme à l’étranger et une tempête politico-médiatique sur la protection des œuvres du Louvre. Qualifiés au départ d’inestimables, les bijoux volés ont désormais une estimation, qui ne tient toutefois pas compte de leur valeur patrimoniale : « le préjudice a été estimé par la conservatrice du Louvre à 88 millions d’euros », a déclaré mardi soir sur RTL la procureure de Paris Laure Beccuau.
Une somme « extrêmement spectaculaire » mais qui « n’a rien de parallèle et de comparable au préjudice historique », a souligné la magistrate.
Le moment de vérité pour Laurence des Cars
Cette estimation à 88 millions fait tout de même du cambriolage au Louvre un des plus importants vols d’objets d’art des dernières décennies. Le montant reste cependant bien inférieur au préjudice lors du cambriolage du musée Isabella Stewart Gardner de Boston, en 1990, évalué à au moins un demi-milliard de dollars.
Placée en première ligne depuis dimanche, la ministre de la Culture Rachida Dati va laisser s’expliquer mercredi Laurence des Cars, qui n’a pas encore fait de déclaration publique sur le vol. Elle sera auditionnée à 16h30 par la commission de la culture du Sénat. Cette séance représente un moment de vérité pour celle qui était devenue en mai 2021 la première femme à accéder à la tête du Louvre, le musée le plus visité au monde avec neuf millions de visiteurs en 2024, dont 80 % d’étrangers.
Le Figaro a affirmé mardi que Laurence Des Cars avait présenté sa démission après le vol, mais que cela lui avait été refusé et qu’elle avait reçu le soutien d’Emmanuel Macron. Sollicité par l’AFP, le Louvre n’a pas souhaité réagir à ces affirmations. Mercredi, la présidente-directrice du musée devrait être interrogée sur les conditions de sécurité de la galerie d’Apollon. Elle abrite la collection royale de gemmes et les diamants de la Couronne, qui compte environ 800 pièces.
Rachida Dati exclut tout « faille de sécurité » dans le musée
Parmi les huit pièces emportées figure le diadème d’Eugénie, qui compte près de 2 000 diamants, et le collier de la parure de saphirs de Marie-Amélie, dernière reine de France, et d’Hortense de Beauharnais, mère de Napoléon III. Face aux accusations des députés mardi, Rachida Dati a exclu toute « faille de sécurité à l’intérieur » du musée, car les dispositifs « ont fonctionné ».
Elle a en revanche mis en cause l’absence de la sécurité « sur la voie publique », permettant aux cambrioleurs d’installer un monte-charge et d’entrer par une fenêtre. La ministre et candidate à la mairie de Paris a reconnu qu’avait été « sous-estimée pendant trop longtemps la sécurité des œuvres d’art ». « On a plutôt privilégié la sécurité des publics », selon elle.
Les organisations syndicales (CGT, SUD, CFDT, CFTC, FSU) du musée ont été reçues mardi au ministère et ont dénoncé à cette occasion la baisse des effectifs d’agents chargés de la sécurité. Dans un pré-rapport consulté lundi par l’AFP, la Cour des comptes déplore un « retard dans le déploiement d’équipements destinés à assurer la protection des œuvres » du musée.



