Culture

Le nouvel album de Rosalía va toucher un public XXL avec cet aspect hors du commun

MUSIQUE – Sortez vos écouteurs, et insérez-les bien dans vos oreilles. Montez le volume, lancez la lecture : Rosalía est de retour. Ce vendredi 7 novembre, la reine espagnole du néoflamenco a dévoilé LUX, quatrième et dernier disque en date de la chanteuse de 32 ans qui risque bien de secouer l’industrie de la musique.

Ce n’est pas tout à fait de la pop. Il y a du jazz, de la musique classique. C’est un « puzzle », pour reprendre ses mots. Une sorte d’opéra en quatre actes, quatre mouvements autour de l’imaginaire divin qu’elle a produit à « 97 % seule », en compagnie de certains des producteurs les plus convoités, dont celui de SZA, Dylan Wiggins.

Rosalía, elle, y parle en grande partie de sa foi. Et ce, à travers 18 morceaux inspirés notamment des écrits de la philosophe française Simone Weil et d’hagiographies. Ils sont chantés non pas dans une, ni même deux ou trois langues, mais treize. Une manière, dit-elle dans les colonnes du Monde, de « mieux connaître d’autres cultures ».

Mandarin, hébreu, français

Au programme ? De l’espagnol, l’une des langues maternelles de la Catalane, mais également de l’anglais, du sicilien, ainsi que des paroles en arabe, en ukrainien et même en latin. Dans Berghain, les chœurs sont en allemand. Sur Novia Robot, on entend du mandarin, de l’hébreu. Et dans Memória, du portugais.

LUX a nécessité deux ans de préparation : une année pour écrire les paroles, une autre pour composer les musiques. « Il faut beaucoup d’efforts pour comprendre comment fonctionnent les autres langues », explique-t-elle dans un podcast du New York Times. Comment faire rimer les mots ensemble ? Cela a-t-il du sens ? Elle s’est interrogée.

« Il faut beaucoup d’intuition et essayer de se dire qu’il faut tout simplement écrire, histoire de voir comment ça peut sonner dans une autre langue », continue la parolière, qui raconte avoir non seulement passé beaucoup de temps sur Google Translate, mais aussi à discuter avec des traducteurs professionnels. Ils lui ont enseigné les us et coutumes de la phonétique.

Charlotte Gainsbourg à la rescousse

À cela se sont ajoutés des conseillers, dont Charlotte Gainsbourg. L’artiste française, qu’elle a croisée dans un studio de musique du sud de la France, l’a aidée dans l’écriture de Jeanne. Les membres de Justice lui ont, eux, rappelé que le « c » de Sauvignon Blanc, un titre de la troisième partie, était muet.

Malgré un petit coup de pouce de l’outil de traduction de Google, Rosalía le martèle : ce disque n’a eu recours à aucune intelligence artificielle. « Tout est humain, très humain », assure-t-elle, toujours à nos confrères du New York Times.

« J’adore voyager, j’adore apprendre des autres, concède-t-elle, désireuse d’élargir ses horizons en tant que musicienne. […] Le monde est tellement connecté. » La diversité des hit-parades de ces dernières années montre qu’il raffole aussi de tubes chantés autrement qu’en anglais. Le succès planétaire écrasant de Bad Bunny peut en témoigner. Celui à venir de la nouvelle polyglotte, aussi.