Les mots d’amour de François Morel, au bord des larmes, à sa femme décédée sur France 5
MÉDIAS – François Morel est venu donner de ses nouvelles à sa femme, disparue en février dernier, parce qu’il pense à elle « tout le temps ». Ce mercredi 17 septembre, l’acteur et metteur en scène français était l’invité de La Grande Librairie sur France 5, émission qu’il a clôturée par un texte inédit troublant adressé à son épouse décédée.
« Et lorsque j’ai reçu l’invitation à parler d’Art (une pièce de Yasmina Reza mise en scène par ses soins actuellement au Théâtre du Montparnasse, ndlr), j’ai pensé au soir où tu as voulu m’accompagner parce que sur le plateau, tu savais qu’il y aurait François Cheng », glisse le chroniqueur de France Inter face à la caméra, droit dans les yeux.
Avant d’ajouter : « Tu avais l’admiration précise et absolue. Le jour où tu as rencontré Peter Brook, tu n’as su lui dire que : “J’aime beaucoup ce que vous faites”, et tu t’étais sentie bête. Pas si bête, après tout, de dire aux gens qu’on aime ce qu’ils font. Pas bête du tout de dire aux gens qu’on aime qu’on les aime. »
« Convoquer les absents, réveiller les morts »
Christine Patry-Morel est décédée en février dernier, à l’âge de 67 ans. Artiste et passionnée de gravures, elle a eu un fils avec François Morel, Valentin, qui a « acheté deux plantes pour mettre à ses fenêtres », lui a-t-il dit, ce mercredi, avant de l’informer des dernières actus de leurs proches en commun.
« L’autre jour, Olivier Saladin disait : “On va au théâtre pour voir des gens qui s’entendent bien”. Il n’a pas tort. On y va aussi pour se changer les idées. Beaucoup d’idées ont besoin d’être changées, sinon elles deviennent rances. On va au théâtre pour se consoler et pour pleurer. Pour se retrouver et se sentir vivant. Convoquer les absents et réveiller les morts », souffle-t-il.
Les larmes au bord des yeux, François Morel conclut sa lettre d’amour : « Je voulais simplement te donner des nouvelles et dire que je pensais à toi. » Les lumières s’éteignent. Les titres apparaissent à l’écran. « Merci infiniment pour ce texte très émouvant », lâche en guise de fin Augustin Trapenard, cueilli comme tout le public par l’émotion.


