On a tout aimé dans le « Frankenstein » de Guillermo Del Toro, malgré ce détail, de taille
CULTURE – Un monstre pas assez monstrueux ? L’adaptation de l’histoire de Frankenstein façon Guillermo del Toro sort sur Netflix ce vendredi 7 novembre. Pour redonner vie à l’un des récits de la littérature fantastiques les plus connus écrit par Mary Shelley, le réalisateur s’est reposé sur un casting XXL. Le long-métrage avec Oscar Isaac, Jacob Elordi, Mia Goth ou encore Charles Dance est parfait. Presque trop.
Le Dr Viktor Frankenstein (incarné par Oscar Isaac) est un médecin prometteur qui veut déjouer la mort, en recréant la vie. Accusé de s’approprier des pouvoirs divins, le scientifique est rejeté par ses pairs. Il va alors faire la rencontre de Christoph Waltz, un riche armurier qui croit en son projet. Doté désormais d’une aide financière presque inépuisable, le savant peut enfin réaliser ses desseins.
Premier constat : si la durée du film peut paraître monstrueuse au premier abord (près de 2h30), on ne voit pas le temps passer. Le récit transporte les téléspectateurs en adoptant d’une part les points de vue de différents narrateurs, pour sectionner le film en plusieurs chapitres. Une méthode que Guillermo del Toro avait déjà utilisée dans Le Labyrinthe de Pan par exemple. Autre « touche » que le réalisateur mexicain maîtrise à la perfection : les décors et les effets spéciaux. Ceux de Frankenstein sont à couper le souffle. Enfin, il faut aplaudir les performances des acteurs.
La lecture de ce contenu est susceptible d’entraîner un dépôt de cookies de la part de l’opérateur tiers qui l’héberge. Compte-tenu des choix que vous avez exprimés en matière de dépôt de cookies, nous avons bloqué l’affichage de ce contenu. Si vous souhaitez y accéder, vous devez accepter la catégorie de cookies “Contenus tiers” en cliquant sur le bouton ci-dessous.
Tout semble « parfait » dans cette interprétation de Frankenstein ? Un peu trop, au point même que la créature, élément central du film, n’en a rien d’effrayant. Cet être issu de l’assemblage de plusieurs cadavres mutilés a une apparence presque épurée, bien différente de l’image du monstre difforme et disgracieux. Si la plastique sculpturale de Jacob Elordi y est pour beaucoup, ce choix est totalement assumé par son réalisateur.
La bête plus humaine que les humains
Pour concevoir le monstre, le réalisateur mexicain s’est associé au sculpteur Mark Hill. Cet expert en effets spéciaux s’est donc employé à répondre aux exigences du scénariste, rapporte le média The Verge. Parmi les consignes, l’une d’entre elles était que la créature n’apparaisse pas hideuse, les coutures devaient être au contraire soignées et propres. Un travail précis, explique l’artiste : « Je voulais que cela ait l’air d’avoir été fait méticuleusement par un être humain » avec la volonté de faire écho au personnage de Viktor en offrant « un contraste entre la beauté et l’horreur ».
Dans l’imaginaire collectif, la bête de Frankenstein est un monstre à la peau verdâtre, doté de clous dans la tête. Mais elle n’incarne pas la vision de Guillermo del Toro. Cette apparence plus humaine vient, comme le souhaitait le réalisateur, illustrer le comportement de la créature. Issu de la folie du Dr Frankenstein, le monstre arrive sans armes dans un monde qu’il découvre. Finalement abandonnée par son propre créateur, la bête s’endurcit en subissant la violence des Hommes. Elle qui est capable de tuer sans hésiter est également en capacité d’aimer.
Dans une interview avec Entertainment Weekly, Guillermo del Toro a affirmé être conscient que son monstre ne ferait peur à personne mais qu’il serait « presque venu d’un autre monde, doté de la pureté d’un nouveau-né, et d’une beauté éblouissante ». Et ça, éblouis, nous l’avons été.



