À la veille de l’arrivée de Shein, cette grande maison de mode française annonce son départ du BHV
MODE – Cela sera sans elle. L’une des plus grandes maisons de mode françaises, agnès b., a annoncé dans un communiqué publié ce mardi 4 novembre qu’elle fermera dans les prochaines semaines sa boutique au sein des magasins parisiens BVH. Une décision en réponse à l’arrivée de produits Shein rue de Rivoli. La marque a également précisé qu’elle fermerait symboliquement sa boutique ce mercredi 5 novembre 2025, date d’ouverture de la première échoppe Shein en France.
La marque française lancée en 1975 par la créatrice de mode Agnès Troublé s’est développée au fil des années à l’international en se basant sur la création de vêtements intemporels. Des habits qui peuvent se porter pendant plusieurs années, en dehors des tendances qui poussent à la surconsommation de la mode.
Fidèle à ses valeurs, la firme a donc justifié son départ à travers un communiqué. « La maison Agnès b. a le regret d’annoncer son départ du BHV. La fermeture du point de vente interviendra dans les prochaines semaines, y est-il écrit, fidèle à ses valeurs et à ses engagements en faveur d’une mode honnête et durable, respectueuse des personnes et de la planète, agnès b. déplore l’implantation de la marque SHEIN au sein d’un réseau de distribution français. Aussi, le point de vente du BHV restera symboliquement fermé ce mercredi 5 novembre 2025, date d’ouverture de la première boutique SHEIN en France. »
Il s’agit donc d’une nouvelle marque qui se désolidarise du bazar de l’Hôtel de Ville après l’annonce de l’arrivée de la marque chinoise à Paris. Si lors des dernières semaines, plusieurs partenaires ont déjà vidé leurs rayons dans les allées du magasin, d’autres ont carrément annulé leur futur partenariat.
C’est le cas par exemple de Disneyland Paris, qui prévoyait d’ouvrir une boutique éphémère au BHV et d’œuvrer à la décoration de toutes les vitrines pour Noël. À la place, ce sont plusieurs fanions aux couleurs de la marque de fast-fashion qui bordent les façades du bâtiment.
7 « Galeries Lafayette » renommées
Conscient des polémiques autour de Shein, l’investigateur de cette arrivée, le promoteur immobilier Frédéric Merlin s’est voulu provocateur dans sa démarche. Les passants ont effectivement pu remarquer de nouvelles affiches ces derniers jours sur les murs du magasin parisien : « L’affiche qu’on aurait pas dû faire », présentant l’homme d’affaires aux côtés du patron de Shein, Donald Tung.
La marque de prêt-à-porter chinoise est du reste encore au cœur de l’actualité pour de bien mauvaises raisons. En cause, la possibilité d’acheter des poupées a caractère pédopornographique sur la plateforme en ligne. Invité sur le plateau de RTL ce lundi 3 novembre, Frédéric Merlin est revenu sur la polémique. S’il a admis avoir réfléchi à annuler la collaboration entre les deux entités, il a finalement réaffirmé sa confiance envers la marque chinoise.
Reste que la grogne continue. Le groupe Galeries Lafayette, opposé à l’installation de Shein dans des magasins portant son nom, et la Société des grands magasins (SGM), qui exploite le BHV, ont annoncé ce mardi la fin de leur partenariat concernant sept Galeries Lafayette de province. Elles vont donc changer de bannière.
Les deux groupes « se sont mis d’accord pour mettre fin aux contrats d’affiliation qui les liaient depuis 2021 pour les sept magasins détenus et exploités sous enseigne Galeries Lafayette par le groupe SGM » à Angers, Dijon, Grenoble, Le Mans, Limoges, Orléans et Reims, indiquent-ils dans un communiqué commun.


