Economia

À l’Assemblée, le RN se prend les pieds dans le tapis d’un amendement sur les PME

POLITIQUE – Oh la boulette ? Alors qu’il serine depuis des semaines qu’il veut protéger les entreprises et surtout les TPE et PME, le Rassemblement national se fait taper sévèrement sur les doigts ce jeudi 13 novembre. Notamment par les députés Renaissance, qui prennent un malin plaisir, à coups de vidéos et de tweets, à vilipender le vote des troupes lepénistes.

Dans la matinée, l’hémicycle se penchait sur l’article 8 du budget qui porte sur le dispositif Madelin. Dans les grandes lignes, ce dispositif appelé « IR-PME » permet aux ménages de bénéficier d’une réduction d’impôts quand ils investissent dans une PME via des dispositifs spécifiques.

Dans son exposé des motifs, le gouvernement défendait un recentrage de l’IR-PME et un relèvement du plafond pour les entreprises. Sauf qu’au moment du vote, les députés RN se sont massivement opposés au texte, comme une partie de la gauche, alors que la droite et le centre ont plutôt voté en faveur de l’article 8. De quoi ouvrir aux élus EPR et LR un boulevard de critiques. « Pour ceux qui croyaient encore que le RN était “pro-entreprises” réveillez-vous », cingle Prisca Thévenot, quand Laurent Wauquiez étrille un vote « lamentable » et « l’amateurisme » du RN.

Finalement, le RN demande une deuxième délibération

De quoi chauffer Jean-Philippe Tanguy, député RN préposé aux questions budgétaires. Ulcéré par le message de Laurent Wauquiez, l’élu de la Somme a vertement défendu le vote de ses troupes en tançant le gouvernement dont l’article, estime-t-il, aurait diminué le dispositif Madelin. Gage de sa bonne foi, le député rappelle que le RN avait d’ailleurs présenté un amendement dans lequel il saluait l’utilité de l’IR-PME, mais proposait de supprimer l’article 8 car moins-disant.

Dans la foulée, l’élu lepéniste Matthias Renault a également accusé le gouvernement de se plier avec zèle aux desiderata de Bruxelles. « La ministre a considéré que la [Commission européenne] pourrait dire non au dispositif Madelin actuel, qu’elle trouve trop large, et qui est considéré comme une aide d’État. C’est donc la Commission européenne qui, éventuellement, pourrait s’opposer au dispositif Madelin en 2026, parce qu’on ne lui a pas obéi, et qu’on ne l’a pas raboté », s’est-il agacé.

Sauf qu’après des échanges de documents et d’informations avec le ministère, les élus RN ont finalement changé d’avis et demandé, comme d’autres groupes, une deuxième délibération. Selon Jean-Philippe Tanguy, « pour ne pas pénaliser les entreprises de bonne foi ». De quoi inspirer une autre pique à la députée EPR Olivia Grégoire, qui rappelle sur X que le Rassemblement national a régulièrement fustigé les deuxièmes délibérations comme étant « anti-parlementaires ».