Economia

L’arrivée des boutiques physiques Shein déclenche une cascade de réactions négatives

MODE – Un pacte avec le diable ? Alors que la proposition de loi anti fast-fashion, adoptée à l’Assemblée nationale et au Sénat, attend une commission mixte paritaire pour aboutir à sa version définitive, le géant Shein continue à faire son trou en France.

Après un pop-up dans la capitale, l’enseigne d’ultra fast-fashion devrait s’installer officiellement dès le mois de novembre au sein du BHV, magasin parisien historique, ainsi que dans les galeries Lafayette de plusieurs grandes villes de France, comme l’a annoncé la marque mercredi 1er octobre.

Une décision que de nombreux consommateurs ont bien du mal à comprendre. Si le patron du BHV a affirmé auprès du Parisien voir ce partenariat comme une « opportunité extraordinaire », sur les réseaux sociaux, les posts annonçant la nouvelle génèrent des réactions acerbes. Et pour cause : d’après un article du média Vert décryptant l’impact écologique de Shein, la majorité des vêtements produits par l’enseigne sont en polyester, qui relâche des microplastiques dans notre environnement. La marque exporte également 5 000 tonnes de marchandises par jour exportées par avion, et admet elle-même que les vêtements qu’elle vend sont portés, en moyenne, moins de 30 fois.

« Quelle honte »

Dans la presse, le président de la Société des Grands Magasins, propriétaires du BHV et des Galeries Lafayette, assume vouloir « créer le buzz ». De fait, sur son post Instagram qui célèbre cette décision, l’indignation est de mise. « Boycott », lance une utilisatrice sous le post Instagram du PDG. « Quelle honte », s’indigne une autre. « Franchement, à part détruire le prestige qu’il reste aux galeries Lafayette et BHV, je comprends pas bien la stratégie… » s’interroge un internaute.

Si pour certains clients historiques du BHV, c’est l’image de marque du magasin qui est remise en question, nombreux sont celles et ceux qui soulignent les divers cartons rouges à l’actif de Shein. « Trop bien ! On pourra avoir à droite la veste imaginée par le petit créateur, et à gauche sa copie volée et refaite par SHEIN… et tout ça sous le même toit », ironise le youtubeur Jez, rappelant que la plateforme chinoise a, à de nombreuses reprises, été accusée de plagiat, aussi bien par des petits créateurs que par des marques connues comme Levi’s ou H&M.

« Accusée de pollution environnementale en raison des volumes colossaux mis sur le marché et soupçonnée de conditions de travail indignes − en raison de ses approvisionnements, principalement de Chine −, Shein est également dans le viseur du monde du textile et de l’habillement, français comme européen », peut-on lire dans un autre commentaire, qui cite avec un article du Monde daté du 1er octobre 2025. Même son de cloche sur X, où l’annonce est perçue comme « catastrophique » par plusieurs internautes.

La levée de boucliers a aussi touché la classe politique : d’après l’AFP, « l’adjoint à la mairie de Paris chargé du commerce a demandé à la Société des grands magasins de “reconsidérer” le partenariat ». D’autres consommateurs, plus pragmatiques, s’interrogent : les prix pratiqués par l’ultra fast-fashion sur le web vont-ils augmenter en boutique ? Réponse au mois de novembre.