Piqué par la comparaison RN-LFI du prix Nobel d’économie, Mélenchon le met « au défi »
POLITIQUE – Chiche ? Sur BFMTV ce vendredi 17 octobre au matin, le nouveau prix Nobel d’économie française, Philippe Aghion, par ailleurs ancien conseiller économique d’Emmanuel Macron, a comparé la France insoumise au Rassemblement national, allant jusqu’à mettre les deux formations « sur le même plan ».
« Je ne veux pas que le RN prenne le pouvoir. C’est très clair. Je ne leur fais pas confiance. Je ne fais pas confiance à ces gens-là pour gérer la France. Je ferai tout pour que cela n’arrive pas », a-t-il d’abord dit avant d’ajouter que pour le parti mélenchoniste, c’est « pareil », même s’« il n’y a aucun danger qu’ils [LFI, ndlr] soient ministres dans l’immédiat ».
Suffisant pour piquer au vif le fondateur de la France insoumise qui lui a répondu sur X dans l’après-midi. « Monsieur Philippe Aghion est prix Nobel. Tant mieux pour la pensée économique libérale », fait d’abord mine de saluer Jean-Luc Mélenchon avant de lui proposer un débat : « S’il parle d’économie, son devoir est d’argumenter. Pas de fulminer des oukases. Puisqu’il condamne sans explication le modèle économique de LFI, nous le mettons au défi d’un débat public avec nous sur ce sujet. »
Un débat qui donnerait sans doute lieu à des échanges vifs, notamment sur la taxe Zucman. Si le mouvement insoumis défend ardemment l’instauration d’un impôt plancher de 2 % sur le patrimoine des ultra-riches, le nouveau prix Nobel a déjà eu l’occasion de dire tout le mal qu’il pense de cette proposition. Et ce, a-t-il assuré à chaque fois, en dépit de la qualité des travaux de l’économiste Gabriel Zucman.
« Tu vas transformer la France en prison fiscale, avait notamment lancé Philippe Aghion à son confrère lors d’un débat organisé le mois dernier. Le problème de la taxe Zucman, c’est qu’elle introduit l’outil de travail dans l’assiette fiscale, et se base, en plus, sur des valorisations très volatiles. » Depuis, l’ancien conseiller de l’Élysée a eu l’occasion de se prononcer en faveur de la suspension de la réforme des retraites, mais moins par conviction que pragmatisme : l’annonce de Sébastien Lecornu coûte selon lui moins cher à la France qu’une nouvelle période d’intense instabilité politique. Le prix Nobel répondra-t-il à Jean-Luc Mélenchon ?


