Economia

Prime, cotisations… En pleine grève, Lecornu lance des ballons d’essais sans se mouiller

POLITIQUE – Ce n’est pas la taille qui compte ? En pleine journée de mobilisation, Sébastien Lecornu a décidé de rivaliser avec les montgolfières des syndicats en lançant des ballons d’essais aussi subtils que des chants de manif. Selon son entourage, sondé ce jeudi 2 octobre par l’AFP, le Premier ministre « étudie », « réfléchit », « examine » plusieurs mesures sociales à introduire dans le budget 2026.

Le timing choisit par « l’entourage » de l’Eurois, taiseux sur ses projets budgétaires depuis son arrivée, n’a évidemment rien d’un hasard. Alors que vendredi dernier il se contentait dans Le Parisien d’écarter une taxe Zucman, un retour sur la réforme des retraites, ou de nouveaux impôts, sans proposer de nouvelles pistes concrètes, Matignon lâche ce jeudi des biscuits hypothétiques essentiellement en faveur des salariés.

Le successeur de François Bayrou réfléchirait ainsi à « une défiscalisation et un allègement des charges sociales » sur les heures supplémentaires. Pour rappel, ces dernières sont déjà défiscalisées jusqu’à 7 500 euros par an. Dans le son viseur également, a d’abord annoncé son entourage : une réduction de l’impôt sur le revenu pour les couples payés chacun au Smic. Or Un couple au Smic est rarement concerné par l’impôt, surtout s’il a des enfants. Son entourage a finalement précisé, après, qu’il s’agissait des couples payés « légèremment » au dessus du Smic.

Enfin, Sébastien Lecornu examinerait aussi le rétablissement de la prime Macron, qui comportait des avantages fiscaux, ensuite supprimés quand elle est devenue une prime de « partage de la valeur ». Facultative pour les entreprises, cette prime avait connu un franc succès en 2023, mais était moins sollicitée depuis qu’elle a été en 2024 défiscalisée.

Également sur la table une mesure « encourageant » les transmissions aux petits-enfants et aux jeunes. « Le fait de vivre de son travail et le reste à vivre demeurent une des premières préoccupations des Français », fait valoir son entourage à l’AFP.

Un (petit) geste pour les salariés

Autant de signaux envoyés aux formations syndicales mobilisées ce jeudi, et une manière aussi pour le nouveau Premier ministre de marquer sa différence avec son prédécesseur, dont le budget était accusé de faire porter essentiellement l’effort sur le dos des travailleurs.

Ces verbes prospectifs et ces propositions, dont les contours demeurent en l’état flous, seront-elles à même d’amadouer aussi les principales forces d’oppositions (Parti socialiste, Écologistes, Rassemblement national) que le Premier ministre doit rencontrer ce vendredi à Matignon ? Les roses réclament eux une baisse ciblée de la CSG.

Alors que le Parlement a rouvert et que la déclaration de politique générale approche, la pression s’intensifie sur le locataire de Matignon, qui outre dévoiler son gouvernement ces prochains jours, va devoir mettre sur la table des mesures concrètes pour négocier la non-censure de ses opposants. Et peut-être enfin mouiller le maillot.