Politique

Après la fermeture d’une cour de récré, Sarah El Haïry en colère contre le phénomène « no kids »

ENFANTS – Sa fronde continue. La Haute-Commissaire à l’enfance, Sarah El Haïry, s’est insurgée cet l’été contre les « espaces no kids », des endroits où les enfants ne sont pas les bienvenus. Le phénomène est rare en France, mais semble avoir le vent en poupe : d’après un sondage Odoxa, 54 % des Français se disent favorables au développement de lieux réservés aux adultes.

La population hexagonale est-elle de plus en plus intolérante aux enfants et à leurs émotions, leurs bruits ou leurs jeux ? La récente fermeture d’une cour de récréation sur décision de justice à Maisons-Laffitte en est la preuve selon Sarah El Haïry, qui s’est dit « choquée » auprès du Parisien.

En mai 2025 en effet, dans cette ville cossue des Yvelines, une école Montessori a été condamnée à fermer sa cour de récréation après deux ans de conflits avec le voisinage. En cause, des « nuisances sonores et visuelles du fait de la cour de récréation de l’école » dont se plaignaient les copropriétaires d’un hôtel particulier situé sur la parcelle jouxtant celle dont l’école se servait comme espace extérieur pour les enfants.

Une cour fermée à cause des « nuisances sonores »

Le jugement, rendu par le tribunal judiciaire de Versailles, ne s’appuie pas sur la mesure des « désagréments » que subiraient les voisins, mais sur un document régissant le parc où se trouvent leur logement et l’école, qui interdit « un état quelconque pouvant nuire, soit par le bruit soit par l’odeur », explique CheckNews. Pour de nombreux parents et plusieurs associations, cette situation est le symptôme d’une « tolérance sociale de plus en plus faible vis-à-vis des enfants ».

Un constat dans lequel s’inscrit Sarah El Haïry auprès du Parisien. « Je ne commente pas une décision de justice. Mais je trouve la démarche du voisinage choquante. Comment, en 2025, peut-on considérer les enfants comme des nuisances à bannir ? », s’interroge-t-elle auprès de nos confrères, refusant de céder à « cette logique de société qui veut invisibiliser les enfants ».

Elle fustige par ailleurs un « phénomène no kids » qui, bien que minoritaire, « progresse partout » et la « pression permanente » qui pèse sur les parents qui, par peur que leurs enfants soient trop bruyants, « finissent par mettre leurs enfants devant les écrans pour qu’on ne les entende plus ».