Politique

Attal tacle le « mythe de l’homme providentiel » et charge encore Macron

POLITIQUE – Il promettait de « renverser la table » lors de ce discours, selon son entourage auprès de l’AFP. Pour la rentrée politique de Renaissance, le parti présidentiel qu’il dirige désormais depuis décembre, Gabriel Attal n’a de nouveau pas mâché ses mots ce dimanche 21 septembre à l’encontre d’Emmanuel Macron, avec qui il entretient une relation glaciale depuis la dissolution de l’Assemblée nationale l’été dernier.

« Cette décision, chacun le sait, je m’y étais opposé. Cela n’avait rien à voir avec mon sort personnel puisque j’avais proposé ma démission au président de la République pour empêcher cette dissolution. Non, si j’étais en désaccord avec cette décision, c’est parce que je savais que la France et les Français en paieraient le prix », a lancé l’ancien Premier ministre depuis Arras.

« Et tout ce qui se produit depuis correspond à ce que je redoutais alors. Je sais combien cette décision a été pour beaucoup d’entre vous, beaucoup d’entre nous, une forme de rupture, de cassure », a-t-il poursuivi, taclant une fois de plus sans dire son nom Emmanuel Macron.

« Osons ! »

« Cessons de croire au mythe de l’homme providentiel et acceptons de partager le pouvoir », a encore lancé Gabriel Attal, en prônant une « nouvelle République démocratique », une « Ve République du XXIe siècle ». L’ancien Premier ministre et patron de Renaissance a notamment prôné le recours à des « référendums réguliers ».

Il a également évoqué la réduction du nombre de parlementaires, la suppression de strates de collectivités territoriales, « moins de normes » ainsi que « moins de voies de recours » sur le plan juridique, « pour en finir avec ces recours à l’infini qui empoisonnent la vie de tant de personnes qui portent des projets partout dans notre pays ».

« Des voies de recours à l’infini, quitte à transformer la France en une espèce de “vétocratie”, c’est trop. Quatre strates de collectivités jusqu’à diluer toute responsabilité, c’est trop. Des milliers d’élus dans chacune de ces strates, c’est trop. 925 parlementaires, c’est trop. Des centaines d’instances qui vident l’action publique de sa substance, c’est trop. Alors, mes chers amis, osons ! », a lancé le député des Hauts-de-Seine.

Une « pratique du pouvoir différente »

Promettant un « travail inédit » de Renaissance dans les 18 mois pour « proposer une remise à plat de notre organisation institutionnelle », Gabriel Attal a invité à chercher une « pratique du pouvoir différente, fondée sur la confiance, où chacun assume ses responsabilités ».

Gabriel Attal a également proposé de réformer la Constitution et d’y introduire un principe de « non-régression sociétale », sur le modèle de la non-régression environnementale. « Inscrivons-y un principe de non-régression sociétale pour qu’aucune loi ne puisse revenir sur les droits, sur les progrès, sur les conquêtes obtenues de haute lutte pour l’égalité, l’égalité entre les femmes et les hommes, l’égalité selon les orientations sexuelles, selon les choix de chacun », a-t-il lancé.

Pas question néanmoins pour lui d’appeler à une VIe République, ni de remettre en cause l’architecture de la Ve : « le Président de la République doit rester notre clef de voûte. Le Parlement doit continuer à contrôler le gouvernement. Le Conseil constitutionnel doit rester notre juridiction suprême ».