Politique

Ces députés LFI n’ont pas pu voir Nicolas Sarkozy en prison

POLITIQUE – Une visite avortée. Deux députés de La France insoumise, Ugo Bernalicis et Danièle Obono, se sont rendus ce lundi 27 octobre à la prison de la Santé, où Nicolas Sarkozy est incarcéré depuis une semaine. Selon ce qu’affirme le JDD, leur déplacement aurait été écourté puisque l’administration pénitentiaire leur a refusé toute rencontre avec l’ancien président de la République.

Mais les élus démentent avoir voulu rencontrer l’ex-chef de l’État. Dans un long message sur X, Ugo Bernalicis explique n’avoir « jamais demandé à voir Nicolas Sarkozy » et s’être rendu à la prison dans le cadre de son « droit de visite parlementaire ». Il s’agit, assure-t-il, de sa quatrième visite de l’établissement depuis son élection en 2017.

Accompagnés de trois journalistes, les parlementaires avaient demandé à visiter plusieurs lieux de la prison, dont le quartier d’isolement.

Les deux élus insoumis ont ainsi fait valoir leur droit parlementaire de visite en détention, qui leur permet d’accéder librement aux établissements pénitentiaires. Mais l’administration a rappelé que ce droit « vise à contrôler le fonctionnement global d’une prison » et ne peut être utilisé pour s’entretenir avec un détenu en particulier, a précisé à l’AFP une source pénitentiaire. Ainsi, Ugo Bernalicis et Danièle Obono n’auraient pas pu rencontrer Nicolas Sarkozy en particulier, sauf à en faire une demande préalable.

La visite des deux députés « a pu avoir lieu au sein de l’établissement, sans que les deux parlementaires n’aient accès à Nicolas Sarkozy ou aux fonctionnaires de police chargés de sa protection », a poursuivi la source.

Pas d’accès au quartier de l’isolement

Dans un communiqué, le groupe présidé par Mathilde Panot à l’Assemblée nationale dénonce le fait que les deux députés « ont vu leur droit de visite illégalement restreint ». « Ils n’ont pas pu accéder au quartier d’isolement munis de leur téléphone et accompagnés de leurs attachés parlementaires ainsi que de trois journalistes », peut-on lire, sans qu’il soit fait mention explicite de Nicolas Sarkozy. « Le tribunal administratif de Paris a été saisi sur ce point en référé. L’audience aura lieu ce mardi 28 octobre à 14h », précise le groupe parlementaire de LFI.

De son côté, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, avait précédemment dit son intention d’aller voir Nicolas Sarkozy en prison. Son entourage a confirmé ce lundi à l’AFP que le garde des Sceaux irait « s’assurer que les conditions de sécurité sont bonnes pour ce détenu au statut hors du commun ». Cette source a rejeté toute comparaison avec la démarche des deux députés LFI qui relève, selon elle, du « tourisme pénitentiaire ».