Politique

Ces propos de Carole Delga sur la Seine-Saint-Denis outrent jusqu’au PS

POLITIQUE – Une « faute morale ». En déclarant que Jean-Luc Mélenchon « fait plus peur » que Marine Le Pen, sauf « en Seine-Saint-Denis » où la France insoumise compte 7 élus sur les 11 du département, la présidente de la région Occitanie Carole Delga ne s’est pas seulement attiré les foudres des mélenchonistes. Jusque dans les rangs du Parti socialiste, sa formation politique, sa déclaration a heurté.

Le 16 septembre, lors d’un échange avec des journalistes auquel Le HuffPost a assisté, Carole Delga rappelle son opposition à toute alliance avec la France insoumise, en cas de dissolution mais aussi en vue des municipales. « Sur le terrain, Jean-Luc Mélenchon fait plus peur que Marine Le Pen. En Seine-Saint-Denis, ce n’est peut-être pas le cas, mais dans le reste de la France, c’est la réalité », déclare-t-elle.

Ces propos relayés dans la presse provoquent l’indignation des Insoumis. Carole Delga est accusée de « relativiser » le danger d’une arrivée au pouvoir de l’extrême droite et de « reprendre (leur) rhétorique » en « stigmatisant les habitants des quartiers populaires (…) perçus comme ’étranger’ au reste de la population. » « Nous condamnons fermement les propos honteux de Carole Delga et exigeons une prise de distance officielle du Parti socialiste à leur endroit », écrivent dans un communiqué Aurélie Trouvé, Nadège Abomangoli, Éric Coquerel, Aly Diouara, Jérôme Lagrave, Thomas Portes et Bastien Lachaud, tous députés LFI de Seine-Saint-Denis.

Le président PS du 93 déplore une « stigmatisation »

Que la France insoumise, en guerre ouverte avec Carole Delga sur tous les sujets, s’indigne de ses déclarations n’est guère surprenant. Mais l’élue socialiste a froissé jusqu’à son propre camp, à commencer par le président du département Stéphane Troussel. « Il y a quelques lignes rouges à ne pas dépasser pour ne pas perdre son âme », a jugé l’élu socialiste sur X. Estimant lui aussi que les propos de la présidente de régions « banalisent l’extrême droite » et « stigmatisent tout un territoire et ses habitants », il l’a enjoint à « s’en excuser ». « Chère Carole, tes propos ne servent ni la gauche, ni le Parti socialiste. Ils divisent là où nous devons rassembler. Ils affaiblissent là où nous devons construire. Ils blessent là où nous devons protéger », écrit aussi le premier secrétaire de la fédération PS de Seine-Saint-Denis Matthieu Monot.

Contacté par Le HuffPost, l’entourage de Carole Delga a refusé de réagir, renvoyant seulement aux résultats de la dernière présidentielle où Jean-Luc Mélenchon était arrivé en tête au premier tour dans une dizaine de départements (dont la Seine-Saint-Denis), là où Marine Le Pen s’était imposée dans plus d’une trentaine. Et de rappeler en parallèle le contexte de la discussion où la présidente de région a aussi déclaré que « LFI et le RN, ce n’est pas le même type de menace » et que « l’extrême droite n’est pas dans l’arc républicain. » Une façon de balayer tout procès en banalisation.