Darmanin dévoile son plan pour assurer le « zéro portable en prison »
80 000 portables saisis dans les prisons de France en 2024. C’est un nombre record donné par le garde des Sceaux Gérald Darmanin ce vendredi 21 novembre depuis le Centre pénitentiaire de Paris-La Santé. En visite dans l’emblématique établissement parisien, le ministre de la Justice a détaillé son plan « zéro portable en prison » qui doit sécuriser les prisons de France.
Jusqu’à présent, « il était plus compliqué de prendre l’avion que de rentrer dans les prisons, » a lâché Gérald Darmanin devant la presse. « Nous allons utiliser une première tranche de 30 millions d’euros en prenant six établissements comme des appartements témoin pour pouvoir expérimenter ce plan zéro portable, qui permettra de sécuriser totalement des prisons », a-t-il annoncé. Le plan s’applique immédiatement à la prison parisienne, mais aussi à celle de Dijon, Toulouse, Rennes, Arras et Toulon.
Concrètement, avec six à sept mois de travaux et 4 à 5 millions d’euros déboursés dans les établissements choisis, le ministre de la Justice promet l’installation de scanners « pour regarder les paquetages » des détenus entrants, sortants, ainsi que des personnes circulant, mais aussi des moyens technologiques de brouillage de téléphones « par l’intermédiaire de balises dans chaque aile de la prison ». Les zones de promenade doivent être sécurisées et les caillebotis resserrés aux fenêtres des détenus. Des dispositifs anti-drones doivent aussi être mis en place.
Interdiction illusoire, selon Dominique Simonnot
Ces mesures qui doivent selon lui permettre d’ici la fin 2026 à ces premières prisons « d’empêcher les téléphones portables, l’arrivée de drogues, de couteaux en céramique en prison ». Il compte ensuite sur la généralisation de ces dispositifs aux autres établissements.
Cet objectif est loin d’être inédit, tant la problématique de la circulation des téléphones portable en prison revient inlassablement, et ce, malgré les contrôles effectués et les brouilleurs déjà installés dans les établissements. Dans un avis datant du 12 mai mais publié mercredi au Journal officiel, la contrôleuse générale des lieux de privations de liberté Dominique Simonnot estime que cette pratique est si bien installée, que leur interdiction semble désormais illusoire.
Gérald Darmanin a également annoncé le recrutement de « 1 000 agents supplémentaires l’année prochaine », qui est « le plus fort recrutement de toutes les administrations », s’est-il vanté.


