Politique

Darmanin monte au créneau face aux menaces visant la magistrate qui a condamné Sarkozy

POLITIQUE – Il a été son porte-parole, son ancien lieutenant. Gérald Darmanin a régulièrement revendiqué son lien particulièrement fort avec Nicolas Sarkozy. Occupant en l’état le poste de ministre démissionnaire de la Justice, il s’est néanmoins illustré par sa discrétion depuis que l’ancien président a été condamné, jeudi 25 septembre, à 5 ans de prison pour association de malfaiteur avec mandat de dépôt et exécution provisoire, dans le dossier libyen.

Contrairement à Bruno Retailleau, pourtant ministre démissionnaire de l’Intérieur, qui a lui apporté tout son soutien à l’ex-chef d’État, l’élu de Tourcoing est visiblement désireux de ne pas commenter publiquement une décision du ministère dont il a la charge. Cela ne l’a pas empêché toutefois ce samedi, sur X, de dénoncer avec forces les menaces visant la présidente du tribunal.

Le parquet de Paris a ouvert vendredi soir deux enquêtes à la suite de « messages menaçants » reçus par Nathalie Gavarino. Des « intimidations » contre des magistrats qu’il estime « insupportables en démocratie » et qu’il « condamne sans réserve ». « Contester une décision de justice est un droit : cela se fait devant le juge d’appel, jamais dans la violence des attaques personnelles », assène-t-il.

Déjà en mars dernier, quand les magistrats qui ont condamné Marine Le Pen dans le dossier des assistants parlementaires à 5 ans d’inéligibilité immédiate, ont été menacés, Gérald Darmanin était monté au créneau pour reprendre sa formule : « Inacceptable en démocratie. »

Quasiment en même temps, ce samedi, le premier président de la cour d’appel de Paris, Jacques Boulard, a demandé « solennellement » le respect de la justice et déploré la « remise en cause » de l’impartialité de la justice.