Politique

Dati peut se réjouir de la date de son procès pour corruption

POLITIQUE – Une aubaine pour Rachida Dati. La ministre démissionnaire de la Culture a dû afficher un sourire en apprenant ce lundi 29 septembre les dates de son procès pour corruption et trafic d’influence. Elle sera jugée aux côtés de l’ex-patron de Renault-Nissan Carlos Ghosn du 16 au 28 septembre 2026. Un calendrier idéal pour celle qui rêve de conquérir la mairie de Paris au printemps prochain et qui a reçu, cet été, le soutien de son parti, Les Républicains, pour conduire la campagne.

Le tribunal correctionnel de Paris proposait au départ d’organiser ce procès en novembre 2025. Une date contre laquelle se sont fermement dressés les avocats de Rachida Dati, qui ne voulaient pas d’une éventuelle condamnation de leur cliente à quelques mois des élections municipales. Les avocats de Renault considèrent d’ailleurs que la maire du VIIe arrondissement de Paris « ne veut pas qu’une date soit fixée, parce que la date d’une catastrophe, c’est déjà un peu la catastrophe ». Pourra-t-elle en revanche se maintenir au gouvernement ? Cet été, l’entourage d’Emmanuel Macron n’avait vu aucun obstacle à ce qu’elle « poursuive son travail ». Ce n’est pas Sébastien Lecornu, membre du même gouvernement, aujourd’hui Premier ministre, qui dira le contraire.

900 000 euros de prestation pour une filiale de Renault-Nissan

Les soupçons qui pèsent sur Rachida Dati sont lourds. Elle est accusée d’avoir perçu, entre 2010 et 2012, 900 000 euros de prestation pour le compte d’une filiale de Renault-Nissan, sans avoir réellement travaillé. Au même moment, en parallèle de ses activités d’avocate, elle disposait d’un mandat parlementaire puisqu’elle était députée européenne. Selon les juges d’instruction, cela « s’apparente à du lobbying » et semble donc « incompatible tant avec son mandat qu’avec la profession d’avocat ». La principale concernée assure qu’elle a bien travaillé comme avocate et réfute tout lobbying. « Président du plus grand groupe industriel automobile au monde, président des constructeurs européens, vous pensez que Carlos Ghosn avait besoin de moi ? », avait-elle demandé fin juillet.

Depuis les révélations du journal Libération sur les bijoux qu’elle détenait lors de son entrée au gouvernement et qu’elle n’a pas déclaré à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, Rachida Dati fait l’objet d’une enquête préliminaire ouverte le 16 septembre par le parquet de Paris. Elle nie les faits qui lui sont reprochés.