Politique

De l’Île Maurice au Gabon, Macron en Afrique pour un voyage qu’il espère « gagnant-gagnant »

Des partenariats « gagnant-gagnant » face à des « défis communs ». C’est avec cet objectif qu’Emmanuel Macron entame ce jeudi 20 novembre, à l’île Maurice, une tournée africaine de cinq jours avec l’ambition réaffirmée de construire de nouveaux liens, sur fond de recul de l’influence française sur place.

Le chef de l’État a atterri à 13 h 35 locales (11 h 35 à Paris) à Port-Louis, capitale de Maurice. Là, Emmanuel Macron ambitionne de rehausser une relation politique un peu distendue plus de 30 ans après la dernière visite d’un président français, François Mitterrand, en 1993.

Sa visite sera marquée par la signature de plusieurs accords de coopération dans le domaine des énergies renouvelables, de la gestion de l’eau, de l’éducation et de la sécurité maritime. Considéré comme un voisin stratégique du fait de sa proximité avec Mayotte et l’île de la Réunion, Maurice est « un pays qui est sorti en 30 ans de la pauvreté pour être aujourd’hui aux portes des pays à revenus élevés », « une success-story dans laquelle les entreprises françaises et les Français prennent toute leur part », selon l’Élysée.

Emmanuel Macron s’envolera ensuite pour l’Afrique du Sud où il participera à une séquence mémorielle à Pretoria, avant d’assister au sommet du G20 samedi et dimanche. Il se rendra ensuite au Gabon, une première depuis l’élection du nouveau président Brice Clotaire Oligui Nguema et la fin de la dynastie des Bongo. L’occasion pour le président de « confirmer et approfondir » un partenariat « excellent, renouvelé et tourné vers le futur », selon l’Élysée.

Il terminera sa tournée par l’Angola pour un sommet Union africaine-Union européenne.

Renouer avec l’Afrique

La dernière tournée d’Emmanuel Macron sur le continent africain remonte à mars 2023. Pour l’Élysée, l’objectif à chaque étape de ce nouveau voyage est d’aller à rebours de l’héritage de la France coloniale pour « impulser des dynamiques et valoriser le renouvellement de notre relation avec l’Afrique ». Une approche tournée vers la jeunesse et le travail mémoriel, avec de nouveaux partenaires.

Mais cette nouvelle politique africaine, gravée dans le marbre lors du discours présidentiel de Ouagadougou en 2017 et marquée par le souhait de se distancier de la « Françafrique », peine à se concrétiser. La volonté de se tourner vers l’Afrique anglophone est souvent mal perçue par les pays francophones du continent. Tout comme celle de s’adresser directement à la jeunesse et à la société civile, sans convier de chefs d’État africains, comme lors du sommet Afrique-France de 2021 à Montpellier.

Emmanuel Macron souhaite par ailleurs « promouvoir des solutions économiques dans un partenariat gagnant-gagnant au service de nos entreprises, au service des Français, au service des pays africains », assure l’Élysée. Les entreprises françaises espèrent ainsi participer à la diversification de l’économie gabonaise, jusqu’ici largement centrée sur le pétrole, notamment dans l’exploitation de minerais, selon Paris.

Le chef de l’État entend aussi réaffirmer la présence française dans le sud-ouest de l’océan Indien face aux ambitions croissantes de la Chine, la Russie et l’Inde en s’associant aux États de la région, notamment en matière de sécurité maritime.