Politique

Édouard Philippe appelle Emmanuel Macron à organiser une « élection présidentielle anticipée »

POLITIQUE – La crise politique s’enlise, les appels à la dissolution de l’Assemblée nationale se multiplient, mais l’ancien Premier ministre Édouard Philippe appelle, lui, à l’organisation d’une « élection présidentielle anticipée ». Invité de RTL ce mardi 7 octobre, le patron d’Horizons a estimé que c’est au président de la République « de trouver une solution » à la crise.

« On ne va pas faire durer ce que nous vivons depuis six mois pendant dix-huit mois encore, c’est beaucoup trop long », a estimé l’ex-chef du gouvernement, évoquant « un jeu politique affligeant ». S’il prend soin de préciser qu’il ne souhaite pas la « démission immédiate » d’Emmanuel Macron, Édouard Philippe estime tout de même que le chef de l’État « s’honorerait » à nommer un Premier ministre dont la mission consisterait à « exécuter les affaires courantes et faire adopter ce budget ».

Pour Édouard Philippe, une fois la France dotée d’un budget, l’objectif doit être l’organisation de l’élection-reine, à laquelle il a bien l’intention de participer. Cet appel n’a rien de nouveau, tant le maire du Havre mise sur une présidentielle anticipée depuis plusieurs mois déjà. Pas un hasard s’il avait annoncé sa candidature dès le mois de septembre 2024.

Un autre ex-Premier ministre, invité au même moment sur une radio concurrente, a mis sur la table une tout autre solution. Ni dissolution ni démission pour Gabriel Attal, qui appelle les forces politiques à « essayer une autre méthode ». « Je propose une vaie négociation avec un négociateur indépendant des partis politiques, a-t-il exprimé sur France Inter. Depuis un an, les négociations ont toutes été menées par des personnalités désignées par le Président comme Premier ministre. C’est un prétexte assez comode pour beaucoup de partis politiques de ne pas s’engager dans la discussion ».

Une idée déjà formulée par le passé, que Gabriel Attal remet au goût du jour à chaque chute de Premier ministre, mais qui n’a pas rencontré un franc succès jusque-là. Sur France Info, le secrétaire national du PCF Fabien Roussel a appelé le Président a plutôt laisser sa chance à la gauche et ainsi « permettre une cohabitation ». L’urgence n’étant pas selon lui de discuter à Matignon, mais à l’Assemblée. « Laissons le Parlement travailler et construisons des majorités sur des sujets que les Français nous demandent de mettre à l’agenda », a-t-il insisté.

Vingt-quatre heures après la brèche ouverte par Sébastien Lecornu, et alors que les discussions se poursuivent jusqu’à mercredi soir à Matignon, conformément au délai laissé par Emmanuel Macron à son Premier ministre, les idées fusent mais ne semblent mettre personne d’accord.