Politique

En plein « délire fiscal » à l’Assemblée, Philippe propose un « deal » aux entrepreneurs

POLITIQUE – Candidat à la présidentielle, Édouard Philippe est jusqu’ici resté discret sur son programme pour 2027. Pour mieux choisir son moment : c’est en plein examen du budget 2026, où les aides et la taxation des entreprises embrasent l’hémicycle, que l’ancien Premier ministre a choisi de dévoiler sa vision des relations entre l’État et ces sociétés. Dans un post LinkedIn publié ce jeudi 6 novembre, Édouard Philippe fait savoir qu’il proposera « une nouvelle politique économique de prospérité ».

Son premier pilier sera « un deal fiscal d’une ampleur inédite » via une baisse des impôts de production de 50 milliards d’euros par an contre une baisse équivalente des aides. « 250 milliards sur un quinquennat. Ce deal sera scellé pour cinq ans et sera un pilier du pacte pluriannuel de stabilité fiscale et réglementaire que je veux garantir aux entreprises », détaille l’ancien chef du gouvernement, qui se targue d’une « philosophie simple » : « pour les entreprises : produire plus pour gagner plus. Pour l’État : aider moins pour dépenser moins. »

« Notre pays a besoin d’un choc de simplification et d’un pacte de confiance entre l’État et les entreprises, insiste le président d’Horizons qui assume totalement la politique de l’offre quand elle n’est pas la politique des chèques ».

Aider les entreprises sans miner les finances de l’État

Cette proposition intervient sur fond de débats budgétaires très incertains à l’Assemblée, qui a voté des hausses d’impôts en première lecture. « Je n’ai pas envie de rentrer dans le commentaire du débat budgétaire, qui n’est d’ailleurs pas clos et dont je ne sais même pas comment il se terminera », a voulu évacuer Édouard Philippe à l’AFP. Mais, ajoute-t-il néanmoins, « je pense qu’il est indispensable, compte tenu du délire fiscal auquel on assiste, de l’augmentation vertigineuse d’impôts, de redonner une perspective à (…) tous ceux qui sont concernés par l’activité de production. Et, au sein de ceux-là, avec peut-être encore plus d’intensité à tous ceux qui s’intéressent aux questions d’industrie », a-t-il poursuivi.

Les impôts de production comprennent notamment la Cotisation foncière des entreprises (CFE), la Contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S), la taxe sur le foncier bâti ou encore la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). Édouard Philippe n’a pas détaillé les dispositifs – impôts ou aides – ciblés.

Mais certains, notamment dans l’industrie, « peuvent être coupés parce qu’ils sont directement dirigés contre la production. Dès lors qu’ils frappent l’entreprise avant même qu’elle ait gagné le premier sou, ils sont objectivement un frein à l’investissement et au fonctionnement de l’entreprise », a-t-il argumenté. Avec une baisse équivalente des aides aux entreprises aujourd’hui « saupoudrées, complexes, incompréhensibles », ce pacte sera « à impact budgétaire neutre pour l’État ». Mais « son impact sera positif » pour les entreprises « parce qu’on leur enlève un frein à la compétitivité extrêmement important », a-t-il insisté.

L’ancien Premier ministre revendique une parole rare dans les médias et joue la prise de hauteurs vis-à-vis des débats qui agitent la sphère politique. Néanmoins, sa suggestion de démission anticipée du président de la République a quelque peu écorné cette stratégie, au risque de le mettre sur le même plan que ceux, qui, dans l’opposition, réclament la même chose. Réinvestir le terrain économique en s’adressant aux patrons lui permet de lancer la séquence suivante. Et de faire oublier celle d’avant ?