En pleine polémique des drapeaux, la tour Eiffel aux couleurs de la Palestine et d’Israël
PARIS – Symbole de paix. Les drapeaux palestinien et israélien, reliés par le dessin d’une colombe tenant dans son bec un rameau d’olivier, ont été projetés ce dimanche 21 septembre au soir sur la tour Eiffel, à la veille de la reconnaissance officielle par la France de l’État palestinien, a annoncé la maire de Paris.
Cet affichage sur un grand écran, qui n’avait pas été annoncé, a commencé à 21 h et devait se poursuivre jusqu’à 23 h 45, a indiqué à l’AFP la mairie de Paris, propriétaire du monument.
Cette projection intervient alors que la classe politique française se fracture sur le pavoisement ou non des mairies avec des drapeaux palestiniens lundi.
« Paris réaffirme son engagement pour la paix »
« Paris soutient l’initiative portée aux Nations Unies par le président de la République française pour la reconnaissance de l’État de Palestine. Paris réaffirme son engagement pour la paix qui passe plus que jamais par la solution à deux États », a écrit sur le réseau social Bluesky la maire de Paris, la socialiste Anne Hidalgo, en illustrant son message d’une photo de l’illumination.
Des maires de plusieurs communes de France ont par ailleurs indiqué ces derniers jours leur intention de faire flotter lundi le drapeau palestinien au fronton de leur hôtel de ville.
Le dirigeant socialiste Olivier Faure a appelé ce dimanche Emmanuel Macron à « autoriser » l’initiative, tandis que le ministre de l’Intérieur démissionnaire Bruno Retailleau (LR) fait valoir que « la justice administrative a ordonné (…) le retrait de drapeaux palestiniens du fronton de mairies, au motif qu’ils portaient gravement atteinte au principe de neutralité des services publics ». Et d’exhorter à « ne pas importer le conflit du Proche-Orient ».
Un maire a « l’interdiction (…) d’afficher un parti pris politique, philosophique ou religieux » sur le fronton de son hôtel de ville et d’opérer « une ingérence dans la politique étrangère de la France qui relève exclusivement de la compétence de l’État », affirme-t-on à Beauvau.
Mairies divisées
« Un drapeau sur le fronton d’une mairie n’a jamais tué personne alors qu’à l’inverse, à Gaza, l’armée israélienne tue tous les jours », a martelé la patronne des Écologistes Marine Tondelier dimanche lors d’un rassemblement en soutien aux Palestiniens à Paris dimanche, dénonçant des polémiques « indécentes ». À gauche toujours, le député LFI Éric Coquerel a aussi apporté son soutien à ce pavoisement aux couleurs palestiniennes : « On est pour (…) », a-t-il dit sur France 3.
A contrario, le député d’extrême droite de l’Oise Philippe Ballard (RN) a accusé sur France 3 les municipalités ayant prévu d’arborer le drapeau palestinien de « communautarisme de bas étage ». « C’est illégal », a sobrement commenté son collègue de groupe Jean-Philippe Tanguy sur le plateau de Questions politiques (France inter/francetv/Le Monde). Idem pour François-Xavier Bellamy, vice-président des Républicains, qui a demandé dimanche sur BFMTV que les maires qui hissent le drapeau palestinien « soient condamnés ».
Sur le terrain, les mairies, même à gauche, devraient agir en ordre dispersé. Samedi en région parisienne, la maire communiste de Malakoff (Hauts-de-Seine) Jacqueline Belhomme a fait savoir qu’elle ne comptait ni interjeter appel ni retirer le drapeau avant mardi, après une décision de la justice administrative lui demandant de l’enlever.
À Créteil, le socialiste Laurent Cathala (Val-de-Marne) estime que « la première de ses responsabilités doit être de préserver la cohésion sociale au sein de la commune », et ne suivra pas l’appel d’Olivier Faure. Son homologue PS Mathieu Hanotin (Saint-Denis) hissera le drapeau pour la journée, arguant qu’il « ne s’agit pas d’un acte militant de longue durée » qui viendrait « changer la nature du bâtiment municipal ». Et Olivier Faure se rendra sur place à 9 H 30.



