Politique

Gérald Darmanin ne regrette « pas du tout » d’avoir rendu visite à Nicolas Sarkozy en prison

POLITIQUE – « Non, rien de rien… ». Invité au 20h de TF1, ce mardi 11 novembre, Gérald Darmanin a déclaré qu’il ne regrette « pas du tout » d’avoir rendu visite à Nicolas Sarkozy lorsqu’il était incarcéré à la prison de la Santé à Paris, suite à sa condamnation à cinq ans de prison dans l’affaire des financements libyens.

Désormais libre mais placé sous contrôle judiciaire, Nicolas Sarkozy a interdiction d’entrer en contact avec le ministre de la Justice ou les membres de son cabinet. « J’imagine que, comme il l’a toujours fait, Nicolas Sarkozy respectera ses obligations », a ajouté Gérald Darmanin, estimant qu’il ne prendra pas contact avec le garde des Sceaux « tant que je suis ministre de la Justice ».

Pour rappel, Gérald Darmanin s’était rendu à la prison de la Santé le mercredi 29 octobre, où Nicolas Sarkozy était incarcéré depuis le 21 octobre, une première pour un ancien président de la République. Leur entretien d’une quarantaine de minutes, organisé en présence du directeur de l’établissement, avait provoqué une vive polémique. Beaucoup avaient dénoncé une visite inédite et inappropriée d’un ministre en exercice auprès d’un détenu condamné.

Interrogé sur le caractère exceptionnel de cette visite, Gérald Darmanin s’est défendu de toute faveur particulière. « Bien sûr que si, je visite trois prisons par semaine, vous n’hésitez pas à m’accompagner », a-t-il rétorqué. Le ministre de l’Intérieur a estimé que la situation de Nicolas Sarkozy justifiait une attention particulière : « Quel que soit ce qu’on pense de Nicolas Sarkozy, c’est un ancien président de la République. C’était un détenu tout à fait exceptionnel, dans des conditions de tension exceptionnelles. »

Évoquant les menaces reçues par l’ex-chef de l’État pendant sa détention, Gérald Darmanin a rappelé que des enquêtes et des perquisitions avaient été menées à la prison de la Santé. « S’il lui était arrivé quoi que ce soit, qui aurait été responsable ? Le chef de l’administration pénitentiaire, le ministre. J’assume mes responsabilités », a-t-il insisté.

« J’ai rempli mon rôle »

Aux yeux de Gérald Darmanin, sa démarche relevait de sa mission de contrôle. « Il est normal de se rendre compte des conditions de détention des personnes les plus dangereuses, comme les narcotrafiquants ou les terroristes, mais aussi des détenus les plus exposés », a-t-il souligné, avant de conclure : « J’ai rempli mon rôle, et je ne regrette rien. »

Pour autant, la justice a désormais encadré strictement la situation. Dans le cadre de son contrôle judiciaire, Nicolas Sarkozy se voit interdire tout contact avec le ministre de la Justice, les membres de son cabinet ou tout cadre du ministère susceptible d’avoir connaissance des remontées d’informations judiciaires. Interrogé sur cette mesure, Gérald Darmanin a simplement déclaré : « Moi, je n’ai pas à commenter les décisions de justice, je suis le garde des Sceaux.  » La restriction vise à « préserver la sérénité des débats et l’indépendance des magistrats » a précisé la justice, alors que le procès en appel de l’ancien président est attendu en mars prochain.