Politique

« Je n’ai pas peur de la prison » : l’ultime sortie médiatique de Sarkozy avant son incarcération

POLITIQUE – Il ne pourra bientôt plus donner d’entretiens à la presse. Du moins, plus aussi facilement. Aurpès de La Tribune dimanche, Nicolas Sarkozy évoque son état d’esprit, deux jours avant son incarcération consécutive à sa condamnation dans l’affaire libyenne. « Je n’ai pas peur de la prison. Je garderai la tête haute y compris devant les portes de la Santé », affirme ce dimanche 19 octobre celui qui entrera dans l’Histoire comme le premier président de la République envoyé derrière les barreaux.

Comme le détaille l’hebdomadaire, l’ex-chef de l’État devrait être placé à l’isolement pour des raisons de sécurité. Ce choix permettra à Nicolas Sarkozy d’éviter les autres détenus, qui pourraient soit lui porter atteinte physiquement soit le prendre en photo contre son gré, vu que des smartphones circulent en prison. « Je ne demande aucun privilège », se défend l’ex-patron de la droite française qui, selon La Tribune dimanche, a reçu de nombreux témoignages de soutien au sein du monde politique.

« Avec ma femme et mes enfants, nous avons montré le jour du jugement l’image d’une famille française soudée dans l’adversité. C’est ma plus grande fierté », poursuit celui qui compte convertir en livre son expérience judiciaire et carcérale. Auprès de l’hebdomadaire, Nicolas Sarkozy n’en démord pas, et continue de se dire victime d’une cabale judiciaire infondée.

Rassemblement de soutien

« On m’a quand même condamné au seul motif d’association de malfaiteurs en vue d’une soi-disant infraction pour laquelle j’ai été relaxé par ailleurs. Avec ce raisonnement invraisemblable : ce n’est pas parce que vous ne l’avez pas fait que vous n’avez pas songé à le faire. Et bien sûr, comme toujours, sans le moindre début de commencement de preuve. En résumé, on me condamne sur une hypothèse », assure-t-il, en contradiction avec l’épaisseur du dossier.

L’ancien chef de l’État a été reconnu coupable d’association de malfaiteurs jeudi 25 septembre dans l’affaire des soupçons de financements libyens de sa campagne présidentielle de 2007. Déjà condamné définitivement dans l’affaire Bismuth, il a fait l’objet d’un mandat de dépôt avec exécution provisoire en raison de la « gravité exceptionnelle », des faits, « de nature à altérer la confiance des citoyens dans ceux qui les représentent et sont censés agir dans le sens de l’intérêt général, mais aussi dans les institutions mêmes de la République ».

Dans ce dossier, plusieurs de ses proches collaborateurs de l’époque ont aussi été condamnés, à l’image de Claude Guéant ou Brice Hortefeux. Son fils, Louis Sarkozy, a appelé à un rassemblement de soutien ce mardi, dans le XVIe arrondissement de Paris, à proximité du domicile familial.