Politique

Le gouvernement annule les débats budgétaires ce week-end, et son argument fait hurler la gauche

POLITIQUE – « Le gouvernement Lecornu est un 49.3 à lui tout seul ! », ne décolère pas l’insoumise Mathilde Panot. Le gouvernement a annoncé dans la soirée de ce jeudi 13 novembre que l’Assemblée nationale, qui vient tout juste de reprendre l’examen sur le projet de loi de finances, ne siégera finalement pas ce week-end comme prévu. Une décision qui a pour effet de raccourcir les débats sur un texte pourtant discuté dans des délais serrés.

« Nous devons également tenir compte de la fatigue qui existe chez les députés, chez les collaborateurs, chez les administrateurs » de l’Assemblée, a déclaré peu avant minuit jeudi le ministre des Relations avec le Parlement Laurent Panifous dans l’hémicycle, en précisant avoir été « saisi » par plusieurs groupes sur la question. Les débats ne se poursuivront donc pas « samedi et dimanche », a-t-il annoncé, mais reprendront lundi dès 9 heures, au lieu du milieu de journée.

Plus tôt dans la soirée, des députés du Rassemblement national, des Républicains, de Renaissance et du groupe indépendant Liot avaient demandé une pause ce week-end. « On commence à mon avis à travailler dans de mauvaises conditions », s’était notamment inquiété le député RN Jean-Philippe Tanguy.

Une décision qui ulcère la gauche, laquelle accuse l’exécutif de chercher à empêcher la tenue d’un vote sur la partie recettes, initialement prévu lundi. « Inacceptable » a tancé la cheffe des députés écologistes Cyrielle Chatelain, accusant l’exécutif « d’organiser (…) le fait que cette assemblée ne puisse pas se prononcer sur le budget ».

Les socialistes, qui regrettent également la décision du gouvernement ont annoncé qu’ils procéderaient « à des retraits massifs d’amendements » afin que l’Assemblée puisse « voter ».

« Ne prenez pas prétexte sur la fatigue des uns et des autres » pour « nous empêcher de pouvoir voter sur le budget de l’État », a de son côté abondé le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard. Même le MoDem n’était pas convaincu. « N’être prévenu que le jeudi soir sur une telle décision, me trouble beaucoup sur notre méthode de travail », a fait mine de s’interroger le député Jean-François Mattéi.

Des critiques immédiatement rejetées par le camp gouvernemental. « Ceux qui nous reprochaient hier de fermer dimanche et qui voulaient absolument bosser dimanche ne bossent pas le vendredi, incontestablement », a ainsi ironisé le député EPR Jean-René Cazeneuve. Le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a lui assuré au micro de franceinfo ce vendredi qu’il n’y a « aucune malice » de la part de l’exécutif, et défendant par ailleurs l’approche « calme » et « parlementaire inédite » de Sébastien Lecornu.

L’ensemble du texte doit être transmis au Sénat le 23 novembre à minuit, selon les délais constitutionnels. S’il semble clair que les députés n’auront pas le temps d’aller au bout, un vote sur la seule partie recettes n’est pas non plus assuré.