Politique

Le gouvernement engage une procédure de « suspension » du site de Shein en France

POLITIQUE – Le site du géant de chinois de la fast-fashion Shein ne va plus être accessible en France, du moins temporairement. Suite aux scandales concernant la marque, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé ce mercredi 5 novembre qu’il engageait une procédure de « suspension » de sa plateforme en France.

Depuis lundi, Shein est visée par une enquête en France notamment pour avoir vendu des poupées sexuelles à l’effigie d’enfants. Fondée en Chine en 2012, cette marque qui se démarque par ses prix extrêmement bas, est régulièrement accusée de concurrence déloyale, de pollution environnementale et de conditions de travail indignes.

La durée de la suspension de son site en France n’est pas encore connue. Le gouvernement indique qu’elle sera effective durant « le temps nécessaire pour que la plateforme démontre aux pouvoirs publics que l’ensemble de ses contenus soient enfin en conformité avec nos lois et règlements ». Matignon a cependant précisé qu’un premier point d’étape sera fait « dans les 48 prochaines heures ».

Shein a pris acte de la décision du gouvernement et souhaite « engager dans les plus brefs délais un dialogue avec les autorités françaises », a déclaré la marque dans un communiqué.

L’ouverture du magasin à Paris maintenue

Dans un timing très controversé, le géant asiatique a ouvert son tout premier magasin permanent au monde, à Paris, ce mercredi en début d’après-midi. La marque s’est installée au BHV, grand magasin historique du cœur de la capitale. Cinq autres boutiques doivent ouvrir en province prochainement à Angers, Dijon, Grenoble, Limoges et Reims.

Mais ces projets d’installation semblent de plus en plus incertains alors que la marque fait désormais face à un immense scandale. Ce samedi, la direction générale de la Répression des fraudes a en effet signalé à la justice la vente de « poupées sexuelles d’apparence enfantine » sur le site du géant chinois.

Lundi soir, Shein a affirmé avoir supprimé l’intégralité des annonces et visuels associés aux « poupées sexuelles », et avoir temporairement déréférencé sa catégorie « produits pour adultes ». La marque sera auditionnée sous quinze jours à l’Assemblée par la mission d’information sur les contrôles des produits importés en France.

L’entreprise a déjà écopé cette année en France de trois amendes pour un total de 191 millions d’euros, pour non-respect de la législation sur les cookies, fausses promotions, informations trompeuses et non-déclaration de microfibres plastiques.