Les réponses de la mairie de Paris après le #MeToo des enfants
POLITIQUE – Que se passe-t-il dans les écoles de la capitale ? Ces dernières semaines, les établissements scolaires parisiens ont été secoués par une multiplication des affaires de violences sexuelles et le dépôt de plaintes de nombreux parents d’élèves. En cause, notamment : des animateurs accusés d’exhibitionnisme, d’attouchements et de viols.
Le 25 novembre, l’encadrant d’une école maternelle du XIe arrondissement doit être jugé pour agression sexuelle sur cinq enfants et une adulte. Fin octobre, c’était l’animateur d’une école élémentaire qui, selon Mediapart, devait être jugé pour agressions sexuelles sur trois élèves et harcèlement sexuel sur neuf. Son procès a finalement été repoussé au printemps 2026. Dernièrement, la maman d’une fillette de quatre ans a porté plainte pour « viol aggravé » contre un animateur.
La pression sur la mairie de Paris était telle qu’elle a été sommée de réagir. Un plan de lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans les écoles a été présenté vendredi 14 novembre, prévoyant notamment la création d’un poste de Défenseur des enfants, que pourront saisir les enfants ou leurs parents, et le renforcement de la formation des animateurs.
Ce plan, qui doit être abordé la semaine prochaine en Conseil de Paris, vise à « accompagner la libération de la parole » et à « mieux repérer » les violences, explique la ville dans un communiqué. Une commission sera chargée de veiller à la mise en œuvre des actions, comme la suspension « immédiate » des agents dès lors qu’ils sont mis en cause, le déclenchement d’une enquête administrative, le dépôt d’une plainte de la mairie ou la saisine du procureur de la République via l’article 40.
Chaque animateur vacataire qui prendra son poste devra en outre participer à une formation obligatoire de deux jours. Leur envoi sur le terrain sera conditionné à la réussite de cette formation. Depuis le 1er janvier 2025, trente animateurs ont été suspendus, dont 16 pour des suspicions de faits à caractère sexuels. Un chiffre considérable, mais stable par rapport à 2024 selon la mairie.
Les agents sont en grève
Dans les écoles de la capitale, les animateurs sont actuellement en grève pour une durée de deux semaines. Ils demandent des recrutements massifs de titulaires, dans un secteur qui ne compte pas plus de 2 500 adjoints d’animation et 1 000 animateurs contractuels, contre 8 500 vacataires au statut précaire.
Et le plan annoncé par la municipalité ne semble pas en mesure d’éteindre la colère. « C’est de la communication, fustige Nicolas Léger, co-secrétaire général du Supap-FSU à l’origine du mouvement de grève avec la CFDT et la CGT, auprès de l’AFP. Cela ne tient absolument pas compte de nos revendications pour prévenir les violences sexuelles ».
Selon lui, « le rôle de Défenseur des enfants n’aura de sens que si on renforce les équipes sur le terrain ». Et d’ajouter : « Dans le climat anxiogène du moment, la mairie n’a toujours pas pris les mesures de bon sens qu’on réclame depuis des années, comme la formation des agents au change des enfants en maternelle ». Le Conseil de Paris, qui se tient du 18 au 21 novembre, promet d’être animé.



