Martine Vassal victime d’un « féminicide politique » ? Cette comparaison choque la gauche marseillaise
POLITIQUE – Elle aurait peut-être mieux fait de demander conseil à Renaud Muselier avant d’oser, elle aussi, la comparaison dans une interview à La Provence. En 2023, le président de la région PACA et responsable régional de Renaissance avait accusé le maire de Marseille, Benoît Payan, d’avoir réalisé « un féminicide politique en éliminant tranquillement Michèle Rubirola ».
Une formulation reprise à nouveau par Martine Vassal, candidate LR pour les municipales marseillaises de 2026, et qui génère là encore une levée de boucliers.
Dans cet entretien publié vendredi 26 septembre, la présidente de l’agglomération phocéenne revient en longueur sur ses ennuis judiciaires. Une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics, trafic d’influence et corruption passive a été ouverte après le signalement d’un fonctionnaire, Erwan Davoux. Ce dernier est lui-même visé par des plaintes pour chantage et provocation à la haine.
Martine Vassal qui a notamment vu son domicile être perquisitionné, dénonce dans cette affaire une manœuvre politique, et dit être victime de chantage. « Je demande à être entendue et écoutée pour faire la lumière sur cette affaire. Je rappelle que c’est moi qui ai fait preuve de détermination et de courage en portant plainte. Que c’est moi qui subis un chantage. Et je rappelle que j’ai mis fin au système Guérini. Je ne vais pas laisser faire un deuxième féminicide politique », cingle-t-elle.
« Quelle déchéance »
Une formulation qui lui est âprement reprochée ce samedi par la gauche, et notamment par Michèle Rubirola. L’ex-édile de Marseille qui avait finalement laissé sa place à Benoît Payan, moins de six mois après avoir été élue, juge « inadmissible de s’exprimer ainsi ». « Il y a des mots plus que d’autres qu’il ne faut jamais détourner de leur sens (…). Féminicide en fait partie. Cela veut dire : “meurtre d’une femme au simple motif qu’elle est une femme quelque soit son âge et quelque soit le contexte”. Qu’y a-t-il de comparable entre ce que vit la présidente du conseil départemental et le meurtre d’une femme ? », fait-elle mine de s’interroger.
De nombreux adjoints de Benoît Payan ont également réagi sur X, fustigeant à la fois des propos « indignes » et insultants pour les victimes de féminicide.
Sur X toujours, la sénatrice Laurence Rossignol rappelle que chaque année pas moins de 120 femmes « sont victimes de féminicides : brûlées, poignardées, rouées de coups de poing ou abattues ». La patronne des Écologistes, Marine Tondelier s’est dit très « choquée ». « Quelle déchéance », ajoute-t-elle. Benoît Payan, qui avait exigé en 2023 des excuses de la part de Renaud Muselier, n’avait pas encore réagi à la date de publication de cet article.


